Introduction du rapport d’activité présenté par notre secrétaire général
2025 restera en mémoire comme celle d’une nouvelle série de régressions environnementales, tant localement, que nationalement ou au niveau européen. On aura ainsi remarqué le recul sur le front de la lutte contre le changement climatique, qu’il s’agisse d’industrie automobile ou de coup de frein sur les énergies renouvelables.
L’adoption du paquet omnibus en décembre qui va permettre aux industries des pesticides d’éviter toute remise en cause est tout aussi irresponsable qu’inquiétante. Le coup de grâce pour ce qui est de la politique de l’eau a été donné par le premier ministre en personne qui face aux colères agricoles a annoncé un moratoire national sur toutes les décisions liées à l’eau. Une fois de plus, nous sommes confrontés à la procrastination et à une absence de réponse globale à la crise environnementale, les apports de la science et les inquiétudes légitimes des citoyens étant relégués au second plan face à des priorités économiques de court terme et aux intérêts d’activités nocives pour l’environnement et in fine l’humanité.
Il va pourtant falloir que l’État et la Communauté Européenne s’interrogent sur l’incohérence de leurs politiques, face au grand écart constaté entre les besoins de santé publique, la nécessité de conserver des ressources naturelles en bon état, que ce soit pour des raisons sociétales ou économiques, et d’un autre côté sur les faveurs faites aux grandes industries, extractives et chimiques notamment, et à l’agro-industrie. Il est navrant de voir un modèle économique pervers soutenu par l’État et les élus : méga bassines, extensions d’élevages industriels et productivisme ne favorisent qu’une poignée d’intéressés au détriment de la collectivité et des écosystèmes. Le soutien à l’hydro-électricité, particulièrement aux micro-centrales suit la même logique. Sur ce point particulier nous déplorons la frilosité des juges qui bien souvent se contentent de rejeter nos recours sur la forme sans examiner au fond…
Le travail effectué par les associations et auquel ANPER-TOS s’attache à participer remet en cause les pratiques coupables menées avec la complicité de l’État par ces pôles d’activités économiques polluantes et nocives. A ce titre, la victoire obtenue, d’abord en première instance, puis en appel en septembre dans le cadre de l’action “Justice pour le vivant”, en partenariat avec quatre autres associations, montre qu’il est possible de mettre des bâtons dans les roues de cette machine infernale qui sacrifie notre intérêt primordial à vivre sur une planète saine. Cette victoire juridique a été obtenue en partie sur le volet aquatique et a permis de valoriser le travail des scientifiques attachés à la biodiversité, cependant que la loi Duplomb s’inscrit en totale contradiction avec ces prescriptions et cette vision d’avenir.
Ces acquis juridiques maintiennent notre motivation intacte et qui plus est ils valorisent notre notoriété. En effet le retour d’ANPER-TOS dans la vie publique se fait plus pressant et notre association avait été retenue parmi celles auditionnées par la mission parlementaire d’information sur l’état des cours d’eau au printemps 2025. Force est de constater que notre parole a porté puisque nos inquiétudes ont été relayées par les députés. Cependant, nous avons eu également le plaisir d’intégrer le Conseil National de l’Eau ce qui est un marqueur fort de notre présence au sein des instances républicaines et qui justifie et perpétue notre reconnaissance d’utilité publique.
Notre voix compte donc, devant les tribunaux comme dans l’espace de parole public, et il importe de continuer à la faire entendre. Aussi nous devons également reconnaître nos difficultés de développement liées d’abord à des finances qui manquent de souffle, ce qui nous empêche de véritablement occuper l’espace médiatique très concurrentiel et qui est de nos jours soumis aux effets d’annonces plus qu’aux éléments de fond.
Nous avons pourtant un beau projet en dormance depuis quelques mois et qui nous l’espérons verra le jour dès que nos possibilités le permettront. Un cycle vertueux pourra dès lors être lancé afin d’assurer pour ANPER TOS une action continue et résolue de défense des milieux aquatiques et d’alerte citoyenne.
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