Catégorie : Le mot du président

1789-2019 : de la Bastille … aux Bastilles

Le monde dans lequel nos civilisations, dites modernes, évoluent, semble découvrir avec une certaine candeur, l’urgence d’une situation prévisible et connue de longue date quant à l’impact sur les climats, des activités humaines à l’échelle planétaire.
Les rapports et les déclarations alarmistes des milieux scientifiques depuis plus de 25 ans ont été considérés, par les politiques qui se sont succédés dans le même temps, comme des élucubrations de prédicateurs de mauvais augure.
Les événements sociaux qui ébrouent quelque peu notre pays depuis quelques semaines, prouvent si il en était besoin, indépendamment du volet économique, de l’intérêt, que porte la population à « l’écologie » et de son souhait d’un environnement de qualité.

Pour rappel, ce droit à un environnement sain est inscrit dans la Charte Constitutionnelle des droits de l’Homme depuis 2004.
Pierre Rolet, un grand Président de notre Association écrivait en Mars 1989 ; “Devant tant de citadelles intérieures ou extérieures à la pêche, faut il pour les abattre, refaire la Révolution et mettre la France à feu et à sang ? T.O.S ne le croit pas et veut seulement sauver notre patrimoine naturel. Il n’empêche que lorsqu’on révisera la Charte des Droits de l’Homme, point culminant de la Révolution, il faudra tenter d’y faire ajouter le Droit a un environnement sain mais ce droit pour lequel nous luttons reste encore tout entier à conquérir”.

Pour rappel également  préambule et ses Articles 1er et second :

Le peuple français, considérant:

  • Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ;
  • Que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ;
  • Que l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains ;
  • Que l’homme exerce une influence croissante sur les conditions de la vie et sur sa propre évolution ;
  • Que la diversité biologique, l’épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ;
  • Que la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation ;
  • Qu’afin d’assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins,

Proclame :

  • Article 1er: Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.
  • Article 2: Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.

Un Etat déficient…

Le Président Rolet en a été ravi, et nous tous également, mais qu’en est-il de son application dans les faits ? Nous en sommes aujourd’hui à attaquer notre propre Etat déficient, pour lui demander de bien vouloir respecter ses propres textes.

Le patrimoine naturel que représentent les milieux aquatiques est agressé de toute part avec une complaisance souvent bien déconcertante de la part de bien des acteurs qui ont la charge de participer à leur défense.

A l’exception de quelques uns, bien trop rares et isolés, et pourtant pleins de bon sens, les dirigeants de la pêche officielle semblent se satisfaire de la situation et leurs institutions autant de bastilles bien trop peu enclin à défendre l’Eau et les Rivières.

Ne rien lâcher!

Les signaux d’alerte sont au rouge!

La période estivale, qui peine à se terminer sur un plan météorologique, aura une fois de plus porter à la lumière l’immensité du travail à accomplir pour tenter de préserver ce qui peut encore l’être.
La ressource en eau se dégrade sur tous les plans sous le regard bien trop souvent indifférent des populations. Les signaux d’alerte sont au rouge, pour certains depuis bien longtemps déjà, pour d’autres les conditions climatiques ne font qu’accélérer les processus d’altération des milieux naturels.


Les vieux réflexes ressurgissent du passé, et pour faire face à la sécheresse qui frappe la quasi-totalité du territoire national, les organisations syndicales agricoles nous expliquent je cite :« que le bon sens paysan est de stocker l’eau dans de grands barrages pour pallier au déficit de précipitations ».

Après avoir massacrée l’essentiel du chevelu hydrographique du territoire, drainée des millions d’hectares de terres, arrachée des milliers de kilomètres de haies, polluée l’essentiel des eaux de surfaces et souterraines, la folie destructrice du lobbying agricole continue dans sa stratégie, si tant est que cela en soit une sauf celle qui conduit au chaos.

Observer la nature!

Nul n’est besoin d’être scientifique, et pour celles et ceux qui savent observer et regarder la nature, à l’unanimité, il est de fait que l’on assiste à un effondrement dramatique de la biodiversité terrestre et aquatique.
La déficience de l’Etat, le manquement de ses administrations en responsabilité de la police de l’eau, à faire respecter l’ordre là ou les réglementations doivent être appliquées, autant de facteurs pour un effet cocktail particulièrement dévastateur pour les milieux aquatiques naturels et pour la nature en général.

 

Le départ de Nicolas Hulot, n’en déplaisent à ceux qui l’ont vivement critiqué jusqu’à dire et écrire qu’il s’agissait d’un acte de trahison, voir de lâcheté, est le signe d’une évidence à laquelle nous sommes confrontés chaque jour sur le terrain : celui de l’intérêt privé au détriment de l’intérêt général, celui des pressions politiques qui eux mêmes sont sous la pression des lobbyistes de plus en plus pressant voire même menaçant.

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ANPER-TOS à 60ans

1958 -2018 : ANPER – TOS à 60 Ans

Il est temps, en cette mi-2018, et avant la période estivale propice aux vacances de faire le point sur notre Association, son organisation, ses difficultés, ses actions. 

L’année a tout d’abord été marquée par notre Assemblée Générale qui s’est tenue à Ornans, Haute Vallée de la Loue (25) le 24 février dernier. Son organisation et son déroulement, les débats et exposés qui y ont été portés ont été des marqueurs positifs. A cette occasion, il est impératif de pouvoir compter sur une mobilisation plus massive de nos adhérents. C’est un point important pour la vie de l’association et des valeurs qu’elle porte, nos rivières, notre environnement ont chaque jour un peu plus besoin d’être défendus contre les agressions qui leur sont infligées. Nous comptons donc d’ores et déjà sur vous pour venir en nombre à l’Assemblée Générale 2019. 

Nous devons également déplorer le départ de notre salariée permanente, Mme Brillon dans le courant du mois de mars et qui a réalisé  un très gros travail pour le compte de notre Association. Nous avons dû également  procéder à un remaniement de notre conseil d’administration, remaniement pas encore complètement achevé, mais nécessaire à la pertinence des positionnements d’ANPER-TOS sur les grands dossiers : Plan Nitrates Régionaux, Politique Grands Migrateurs sur l’ensemble du territoire, Transition énergétique avec le foisonnement de dossiers de micro-centrales hydro-électriques. 

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