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Vers une nouvelle amnésie collective ?

 Alors que nous vivons un été exceptionnel tant en termes de successions d’épisodes caniculaires, de sécheresse et d’incendies, il est fort à parier que l’agitation dans les médias et dans nos discussions aura laissé la place à d’autres sujets de discussion dans quelques mois.

rivière asséchée
La Tardoire à la Rochefoucauld juillet 2026

Rappelons-nous les inondations de cet hiver…  déjà oubliées ! Alors que de nouvelles nous attendent peut-être,

Qui pouvait prévoir de telles conditions météorologiques ?

Là aussi, nous avons oublié les mises en garde des scientifiques et des associations depuis plusieurs dizaines d’années. Oubliées, les mises en garde !

En 1993, j’écrivais pourtant dans mon premier ouvrage de sensibilisation à la protection de l’environnement :
« la seconde conséquence directe du réchauffement planétaire est le dérèglement du système atmosphérique et du cycle de l’eau . Apparition de sécheresses entraînant une aridité accrue des grandes zones continentales des latitudes tempérées comme l’Europe ».
Nous y sommes !

Qui pouvait imaginer que les sols ne capteraient plus assez d’eau ?

 Là aussi, scientifiques et associations alertent depuis des années sur la disparition des zones humides. Certains parlent retenues d’eau, mais ces zones humides le faisaient sans grands travaux et naturellement, sans évaporation, sans risque de développement de cyanobactéries…

 L’intérêt des zones humides ? Oublié ! Alors que leur préservation ou restauration doit être une priorité ..

Avec la rentrée scolaire, la campagne des élections présidentielles qui va débuter et monopoliser tous les regards médiatiques, qui prendra le temps de protéger les milieux aquatiques en tenant compte de l’évolution du climat ?

Qui mènera une véritable réflexion sur le partage de la ressource en eau ?
 

Comme depuis 1958, ANPER sera présente partout pour rappeler les enjeux liés à l’eau et pas seulement pour les poissons, pas seulement pour quelques usages de l’eau mais pour une véritable vision d’ensemble pour tous.
Ces actions que nous menons tant au niveau de la commission nationale de l’eau, au niveau des SAGE et des réunions dans lesquelles nous intervenons,  qu’au niveau des tribunaux car certaines décisions prises ces mois derniers tant pour renforcer les pollutions que pour augmenter les prélèvements d’eau dans le milieu naturel ne feront que reproduire et aggraver la situation que nous vivons aujourd’hui partout en France.

Ces actions que nous menons tant au niveau de la commission nationale de l’eau, au niveau des SAGE et des réunions dans lesquelles nous intervenons,  qu’au niveau des tribunaux car certaines décisions prises ces mois derniers tant pour renforcer les pollutions que pour augmenter les prélèvements d’eau dans le milieu naturel ne feront que reproduire et aggraver la situation que nous vivons aujourd’hui partout en France.

Nous avons besoin de votre soutien financier pour continuer nos actions et défendre l’eau, partout, toute l’année.

Nous profitons de cette nouvelle lettre Eau pour vous annoncer les nouveaux membres du Conseil d’Administration  , ainsi que les groupes locaux  .

Vous pouvez adhérer, acheter notre revue annuelle, des objets dans notre boutique où faire un don défiscalisé.
Chaque euro sera utilisé pour protéger l’eau et les milieux aquatiques.

Bonne rentrée à toutes et à tous,

John PHILIPOT

Président

Un Dimanche pour SALAU

Comme vous le savez déjà , nous sommes engagés aux côtés des associations locales contre la réouverture de la mine de Salau qui serait un désastre écologique dans ce secteur ou le Salat prend sa source.

affiche un dimanche pour salau

En effet malgré l’arrêt de l’exploitation de la mine où il reste encore certains polluants laissés sur place, l’État a décidé après une dernière décision du Conseil d’État, d’attribuer à nouveau  en janvier 2026 le Permis Exclusif de Recherche de Mine à la société Variscan Mines, filiale française d’Apollo Minerals (société australienne), dont le président est aujourd’hui également le représentant de Juniper Capital Partner Ltd, société qui était censée financer les recherches en 2016 est qui est basée aux Îles Vierges Britanniques, ce qui n’est pas une garantie de transparence.  

On ajoutera d’ailleurs sur ce point que l’ANPER-TOS et six autres associations ont formé un recours dirigé à l’encontre de la décision du ministre chargé des mines du 22 janvier 2026 attribuant le permis exclusif de recherches minières dit « permis Couflens » à ladite société ainsi qu’un recours en référé suspension, afin d’en obtenir la suspension. Il est notamment reproché à l’autorité ministérielle d’avoir attribué le permis sans que le dossier de demande du pétitionnaire n’ait comporté la moindre évaluation environnementale alors même que les projets de recherches menés dans le cadre de ce permis sont susceptibles d’avoir des incidences notables sur l’environnement.

Le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a, par une ordonnance n° 2605481 datée du 17 juillet 2026, confirmé notre argumentaire juridique, considérant :

« En l’état de l’instruction, alors qu’il apparait que le permis exclusif de recherches en litige est susceptible d’avoir des incidences notables sur l’environnement, le moyen tiré de ce que la décision en litige ne pouvait être prise sans qu’ait été réalisée une évaluation environnementale est de nature à entraîner la suspension de la décision du 22 janvier 2026 ».

Pour autant et malgré cette lueur d’espoir, la requête en tierce opposition formée par la société Variscan Mines devant le tribunal de céans, a été déclarée recevable par une seconde ordonnance n° 2606447 du 20 aout 2026, laquelle est également venue déclarée nul et non avenue la précédente, considérant :

« La lettre contestée du 22 janvier 2026, (…)n’a (…) ni pour objet ni pour effet de prolonger la validité du permis exclusif de recherches minières qui avait été délivré à cette société le 21 octobre 2016 non plus que d’octroyer à celle-ci un nouveau permis mais se borne, à titre informatif, à porter à la connaissance de cette société l’analyse juridique des services de l’Etat quant aux conséquences, sur la validité de ce permis délivré le 21 octobre 2016, de l’action contentieuse dont il avait fait l’objet et à laquelle la décision rendue par le Conseil d’État, le 24 novembre 2025, a mis un terme définitif. Il s’ensuit que la lettre contestée du 22 janvier 2026, qui ne présente pas de caractère décisoire, ne saurait constituer une décision d’approbation d’un plan ou d’un programme soumis à évaluation environnementale au sens et pour l’application de l’article L. 122-11 du code de l’environnement ».

C’est donc une bien triste nouvelle pour les défenseurs du site de SALAU, démunis face aux aléas de la justice administrative, la première ordonnance devant donc être considérée comme n’étant jamais intervenue. Il ne reste donc plus qu’à attendre le jugement intervenant au fond et espérer qu’il valide notre argumentaire juridique…

Le saviez-vous ? La tierce-opposition est ouverte à toute personne dont les droits ont été préjudiciés par une décision de justice au cours de laquelle elle n’était, ni présente, ni représentée. Ainsi et faute de pouvoir former un appel ou un pourvoi en cassation, cette voie lui reste ouverte devant le même juge puisqu’elle aurait dû être appelée dans cette instance.

 « Des assemblées de lutte, auxquelles Stop Mine Salau participe, se sont tenues régulièrement depuis le 1er mars 2025. Celles-ci ont permis de réunir des organisations diverses et des individus qui ont le même objectif : s’opposer aux projets miniers et plus précisément aux projets des sociétés Néométal et Coforgia Haut Salat qui vise à faire des recherches minières, en Ariège, sur les communes de Couflens, d’Ustou, d’Aulus les Bains et d’Auzat et à terme installer une usine chimique de traitement des minerais à Lavelanet ou à Boussens ! ! ( SMS Stop Mine Salau ) »

  Lors des journées de rencontres avec certains habitants et associations, nous avons fait en 2024 un inventaire avec le protocole OMIR sur le cours d’eau du Salat à Salau, au Pont-de-la-Taule et à Saint-Girons.

Ce cours d’eau, qui est en bon état sur toute la partie amont jusqu’à St-Girons, risque de ne plus l’être avec la réouverture de la mine, ses sources étant à proximité.

Pour tous ceux qui veulent tout savoir sur cette activité minière vous pouvez retrouver les informations ici .

Nous serons donc présents comme pour les années précédentes, ce dimanche 6 septembre où nous y tiendrons un stand en espérant vous voir nombreux pour soutenir ANPER et les associations contre ces projets désastreux pour l’environnement.

La réouverture de la mine à Salau c’est toujours NON

L’intérêt de notre pôle juridique

Notre pôle juridique permet à l’association d’engager des procédures, de réaliser des écritures en lieu et place des avocats et ainsi de réduire le coût des frais juridiques.
Mais il s’agit aussi d’effectuer une veille juridique comme celle sur les nouvelles règles applicables au contentieux environnemental à compter du 1er juillet dernier.

Par décret , le Gouvernement affiche sa volonté de réduire les possibilités de recours contre les projets impactant l’environnement. Cela se traduit par la modification de plusieurs règles procédurales applicables au contentieux environnemental, qui restreignent et contraignent les possibilités de n°2026-302 daté du 21 avril 2026 relatif à la simplification de la procédure contentieuse en matière environnementale et à l’accélération de certains projets recours.

Compétence de principe des cours administratives d’appel :

L’article prévoit désormais que les Cours administratives d’appels sont compétentes en premier et dernier ressort, pour la totalité du contentieux relatif aux projets environnementaux R.311-5 du code de justice administrative sauf exceptions.
Les projets concernés relèvent de l’ensemble des domaines touchant de près ou de loin à l’environnement.

Il s’agit par exemple :

  • 1° Au titre du développement des énergies décarbonées :a) des éoliennes (article L. 511-2 du code de l’environnement) ;b) des parcs photovoltaïques d’une puissance égale ou supérieure à 5 MW ;c) des installations hydroélectriques d’une puissance égale ou supérieure à 1 MW ;d) des installations de méthanisation de déchets non dangereux ou de matière végétale brute, à l’exclusion des installations de méthanisation d’eaux usées ou de boues d’épuration urbaines lorsqu’elles sont méthanisées sur leur site de production .
  • 2° Au titre des infrastructures de transports :Des projets d’infrastructures de transport faisant l’objet d’une évaluation environnementale, au sens du II de l’, relevant des rubriques 5, 6, 7, 8 et 9 de la nomenclature annexée à l’, ou leurs ouvrages et travaux connexes faisant l’objet d’une telle évaluation, y compris lorsque de tels ouvrages et travaux relèvent d’autres rubriques, lorsque le montant des dépenses prévisionnelles du projet, apprécié au moment de la première autorisation relative à celui-ci, est supérieur à cinq millions d’euros article L. 122-1 du code de l’environnement article R. 122-2 du même code hors taxe .

Pour lire la suite de la note rédigée par notre pôle juridique n’hésitez pas à la demander dans son intégralité par mail à l’adresse : juridique@anper-tos.fr