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Silure glane, vers un nouveau statut ?

Le Conseil National de l’Eau a acté le 11 février dernier la volonté de voir le classement du silure glane (Siluris glanis, Lnné 1758) évoluer vers celui d’« Espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques » , ceci ne concernant que les bassins couverts par les Plans de Gestion des Poissons Migrateurs Loire-Bretagne et Garonne-Dordogne.

Toutefois, avant que cette mesure soit définitivement adoptée, elle fait l’objet d’une consultation publique en ligne sur le site du Ministère de l’Environnement jusqu’au 16 mars 2026:

Le sujet est conflictuel entre tenants de la biodiversité et ceux d’un halieutisme décomplexé et, entre ses détracteurs et ses défenseurs il nous apparaît important de replacer l’église au milieu du village.

Le silure, originaire du bassin de la Mer Noire, était présent en France jusqu’à la fin du Miocène, soit il y a plus de 5,5 millions d’années et a ensuite été introduit en France à la fin du XIX siècle mais est resté rare (Keith et Allardi, 1997, cités par Bruslé et Quignard) et ce n’est qu’à la faveur d’introductions massives à partir des années 1970 que l’espèce a connu une expansion très importante d’abord autour de l’axe Saône-Rhône .

Silure Glane Photo SHNA (Observatoire de la Faune de Bourgogne)

 Celle-ci a ensuite connu un accroissement spectaculaire largement favorisé par les translocations effectuées par les pêcheurs, de façon légale ou non. C’est ainsi qu’on observe l’espèce sur des sous bassins de taille modeste et déconnectés des autres comme celui du Blavet ou de l’Orne, de la Charente, voire sur des plans d’eau isolés ou déconnectés du réseau hydrographique.

Il n’est pas arrivé là tout seul bien évidemment. Dans le Berry on a même pu l’observer de façon récurrente sur des petits sous affluents du Cher classés en première catégorie et où la truite se maintient comme elle peut.

Pour mémoire, le silure ne figure pas sur la liste des poissons faisant l’objet d’une protection (arrêté du 08 décembre 1988), mais tout comme d’autres espèces non natives il est inscrit à la liste des espèces représentées par l’arrêté du 17 décembre 1985 soumis en vertu du L.432-10 du Code de l’Environnement. Son statut est celui de « préoccupation mineure » selon l’Union Internationale de Conservation de la Nature . Il est inscrit en Annexe II de la Convention de Berne, qui traite de la protection des habitats naturels des espèces, ce qui ne concerne donc pas l’espèce en France, le territoire hexagonal étant située hors de cet habitat naturel d’origine. Cette même convention appelle par ailleurs à la vigilance en ce qui concerne les espèces menacées (art.2) mais aussi à l’impact des espèces les unes sur les autres (art.9) et à celui des espèces non indigènes (art.11).

La question de l’impact de l’espèce s’est rapidement posée, entre discussions de comptoir et réalité scientifique rapportée aux contextes locaux il est nécessaire de faire la part des choses. Le projet de décret rappelons-le ne concerne que les bassins Garonne-Dordogne et Loire-Bretagne car c’est là précisément que les doutes et les problèmes sérieux ont été relevés dès les années 2000, les vidéos de silures gobant les saumons devant la vitre de comptage de la passe de la centrale de Golfech marquant le réel début des interrogations.

Depuis, d’autres évidences ont pu être collectées, et contrairement à la rumeur aisément colportée par les pro-silure la prédation ne se limite pas aux pieds des ouvrages ou dans les passes à poissons elles-mêmes où elle est effectivement couramment observée.

ÉTANGS DU LOC’H A GUIDEL

NON à la désinformation!
 

«  On peut mentir à tout le monde,  on peut mentir tout le temps, mais on ne peut pas mentir tout le temps à tout le monde »
(Abraham LINCOLN)

L’Association Nationale pour la Protection des Eaux et des Rivières ( ANPER-TOS) comprend parfaitement que pour des personnes dépourvues d’information, la rapide évolution annoncée d’un paysage apparemment immuable et familier soit traumatisante.
Sur les étangs du Loc’h beaucoup de désinformation circule sur les réseaux (fake news) alors que des dépoldérisations et donc des réestuarisations réussies se sont déjà produites en Bretagne et ailleurs en France.

Extrait carte IGN commune de Guidel avec le petit Loch plus proche de la mer

En ses qualités d’association déclarée d’utilité publique et d’association agréée pour la protection de l’environnement ANPER-TOS œuvre pour l’intérêt général.
Par conséquent, pour accomplir son devoir d’information,  elle se doit d’exercer son droit de réponse aux propos de Mr. Louis MEDICA relatés dans l’article d’Ouest France paru le 18 décembre 2025.

Mr Louis MEDICA est ancien élu d’opposition municipale de la commune de Guidel.

Il ne fait état d’aucune compétence reconnue dans les domaines de l’écologie, de la biologie, de la géologie, de la courantologie et de la sédimentologie. Il se présente comme le chef de file du collectif des « Amis des étangs du Loc’h » en Guidel. Ce collectif ne détient aucun agrément au titre de la protection de la nature et il n’est pas propriétaire des terrains concernés.

Par simples clics, une seule et même personne peut visiter plusieurs milliers de fois un site internet. Tous les dictateurs de la planète pratiquent intensément et constamment l’intimidation et la désinformation via internet et les réseaux sociaux.

A des fins personnelles, prenant la nature en otage,  Mr Louis MEDICA   utilise et combine   plusieurs techniques manipulatoires.

Extrait carte d ‘État Major 1820-1866 antérieur à la poldérisation

Mélanger un peu de vrai avec beaucoup de faux, en insistant lourdement sur la petite dose de vrai ; raconter l’histoire à l’envers, omettre de nombreux faits indispensables à la connaissance des enjeux et à la compréhension du dossier ; mentir en inventant que le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (C.S.R.P.N) de la Région Bretagne a rendu un avis uniquement réglementaire dépourvu de base scientifique. 

PAQUET OMNIBUS ?

I – Pacte Omnibus :

Mais qu’est-ce que c’est ?

La Commission européenne a adopté en début 2025 son fameux « paquet Omnibus », un outil législatif visant à simplifier la législation de l’Union européenne en matière de développement durable. On retrouve des mesures ayant vocation à suspendre ou modifier les principaux textes du Green Deal ou encore la possibilité d’amender des programmes d’investissements de l’Union.

Depuis janvier 2025, ce sont sept omnibus qui ont été présentés, avec un huitième en préparation.

Derrière cette tentative de simplification, se cache en réalité un objectif bien clair, réduire les charges des sociétés pour améliorer leur compétitivité !

II – Omnibus VII :

Sécurité alimentaire et denrée pour les animaux.

Ce projet de législation « fuité » soulève de grandes problématiques et confirme nos inquiétudes sur le choix de l’Union d’imposer aux États membres une pure déréglementation, mettant gravement à mal le principe de transparence du processus démocratique et la protection du vivant.

Ironie du sort, cette proposition de règlement de la Commission européenne reprend en réalité les propositions du rapport du commissaire européen hongrois à la santé O. Varhelyi !!

Si nous n’agissons pas très rapidement, ce dernier pourrait accorder des autorisations illimitées pour l’utilisation des pesticides, se passer des réévaluations obligatoires fondées sur les dernières connaissances scientifiques ou encore supprimer le renouvellement décennal des autorisations d’additifs pour l’alimentation animale. En d’autres termes, cet Omnibus anéantirait des années de réglementations européennes en matière de sécurité alimentaire aux seules fins de satisfaire aux intérêts des géants de l’agroalimentaire.

Un projet de texte contraire au principe de non-régression ?

Il est assez navrant et frustrant de pouvoir observer un tel recul de nos réglementations en matière de protection de la santé et de l’environnement dans un contexte aussi urgent que le nôtre, la Commission ayant pourtant un rôle clé à jouer en prenant des décisions qui régissent le cadre politique et juridique de tous les États membres.

Cette situation est d’autant plus regrettable qu’en matière d’environnement, le juge agit en faveur d’un principe de non-régression et contribue à rendre effective cette justice environnementale. Alors pour quelles raisons les décideurs publics européennes n’assumeraient pas également leur responsabilité ?

ANPER TOS a donc intégré un collectif de 114 organisations de protection de l’environnement, sous la « gouvernance » de Nadine Lauverjat, déléguée générale de Générations futures, pour demander, dans une tribune au « Monde », le retrait immédiat de la proposition de la Commission d’autoriser cette catastrophe écologique.

Il nous faut agir rapidement et massivement pour faire valoir nos droits et nos futures générations…