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Catégorie : Divers

La saprolégniose

Un ravage pour les truites et les ombres

 La saprolégniose est une maladie fongique causée par le champignon aquatique Saprolegnia sp., un Oomycète, qui affecte les poissons sauvages et ceux provenant des piscicultures. L’apparition de touffes cotonneuses semblables à de la ouate de couleur blanche est souvent la première indication de l’infection.

Ce saprophyte ubiquitaire se nourrit habituellement des œufs de poissons morts, mais il se développe sur les poissons après la fraie lorsqu’ils se sont blessés sur le substrat colmaté donc sur les gravières qu’ils creusent pour déposer leurs œufs.

La saprolégniose est souvent une infection secondaire, mais des souches virulentes peuvent se développer aussi sur les salmonidés ayant subi un stress. Il conduit presque toujours à la mort du poisson.

Ombre commun
Ombre commun (Thymallus Thymallus)

Tous les ans, cette maladie fait d’énormes dégâts en Bourgogne-Franche-Comté, et plus particulièrement sur le Doubs et la Loue où le pathogène touche de nombreuses Truites (Salmo Trutta) et Ombres (Thymallus Thymallus).
Les poissons malades sont bien visibles aux bords des rivières, réfugiés dans des zones calmes, peu mobiles,  couverts de taches blanches sur le corps, le symptôme principal de la maladie.

Cette mortalité perdure depuis plusieurs années causant à chaque fois  le désespoir des pêcheurs et des naturalistes locaux, et l’inquiétude des riverains.

Un lien avec l’épandage de lisier ?

Truite

Le lisier est constitué des déjections d’animaux d’élevage et il est utilisé par les agriculteurs comme engrais organique pour leur culture.
Le lisier contient de l’azote (ammoniacal et organique) et son épandage est commun car il aide à la croissance des plantes. Les sels d’ammonium « forcent » leur développement.

Au printemps, les épandages de lisiers dans la zone Comté sont pratiqués pour relancer le cycle végétatif des graminées et se font parfois proches des cours d’eau ou en terrain karstique avec un transfert liquide rapide.

Le lisier va donc s’infiltrer directement en direction des eaux courantes. Souvent les sols, en ayant déjà trop accumulé, sont saturés en azote et donc ces pratiques contribuent à la pollution des nappes souterraines et des rivières.

Cela entraîne aussi des réactions chimiques pouvant être nocives pour les poissons.

Des solutions ?

Des distances minimums sont à respecter avec les habitations des tiers et avec certaine zones protégées puisque tout épandage doit être fait :

à 35 m des cours d’eau (ruisseau, torrent, rivière, fleuve, etc.) ainsi que des plans d’eau (mare, étang, lac), 50 m des points d’eau tels que les puits, forages, distributeurs d’eau potable, etc., 200 m des lieux de baignade, 500 m des zones piscicoles.

De plus, il est important de préciser que l’épandage de lisier doit faire l’objet d’une autorisation ou d’une déclaration.

Cette réglementation, mise en place pour limiter les pollutions dues à l’épandage, prend donc en compte un certain  risque  à ce que le lisier se retrouve dans l’environnement …

Des risques bactériologiques existent aussi avec la présence d’Escherichia coli une bactérie à l’origine des gastroentérites.

En parallèle de cette réglementation, des solutions techniques sont en train d’être développées : une de ces solutions consiste à injecter, directement dans le lisier, des produits qui vont orienter la flore du lisier et éviter les fermentations indésirables, sources de nombreux soucis.

ANPER TOS rejoint 1% FOR THE PLANET

Bonne nouvelle ! Depuis peu, l’ANPER-TOS fait partie des 500 associations françaises agréées 1% for the planet !

planète verte

 

Ce collectif international rassemble entreprises, associations et individus afin de créer des relations entre ces acteurs et avancer dans le combat d’une planète plus saine. Il s’agit d’une organisation à but non-lucratif qui souhaite prouver qu’une entreprise peut être florissante et philanthrope.

En France, 1% for the planet permet de consacrer tous les ans 7 millions d’euros à des associations environnementales …

 Si vous êtes un mécène ou une entreprise (quelque soit la forme sociale de votre activité), vous pouvez rejoindre 1% for the planet en tant que membre.
Vous vous engagerez alors à reverser 1% de votre chiffre d’affaire à une association agissant dans le domaine de la protection de l’environnement. Cette organisation vous permet d’accélérer et surtout de faciliter la transaction. Vous obtiendrez alors le label 1% for the planet et une grande estime de la part de nombreuses personnes autour de vous.

Ces 1% accumulés entre eux permettent à des associations comme ANPER de perdurer et de réaliser des projets contribuant à la protection de l’environnement.
1% for the planet participe à la mise en place du projet des récolteurs d’ANPER en Normandie puisqu’une entreprise membre a décidé de nous soutenir.

 Si vous aussi vous êtes intéressés, vous souhaitez en savoir plus sur 1% for the planet, soutenir ANPER dans ses démarches et notamment dans le projet des récolteurs.

SDAGE LOIRE- BRETAGNE

Il existe dans le SDAGE (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux) Loire-Bretagne une évaluation du taux d’artificialisation des cours d’eau, désignée par le terme de « Taux d’étagement », qui est la somme des hauteurs de chute artificielles d’une masse d’eau divisée par la dénivelée naturelle de cette masse d’eau.

Pour la continuité écologique, c’est ce premier critère qui s’impose aux déclinaisons du SDAGE sur les territoires car il rend compte de l’artificialisation effective des cours d’eau.

Une hauteur de chute d’eau considérée comme nulle

Mais il y a été ajouté un autre indicateur pour certaines masses d’eau particulières : le « Taux de fractionnement » qui est la somme des hauteurs de chute divisée par le linéaire de la masse d’eau. Malheureusement et malgré nos protestations il a été considéré et – hélas – acté que pour les masses d’eau concernées par le taux de fractionnement la hauteur de chute serait considérée comme nulle dès lors que l’obstacle serait pourvu d’un dispositif de franchissement. Comme si un barrage, même équipé, ne constituait plus un obstacle pour les migrateurs, sans même parler de l’effet cumulé et du manque d’entretien de la majorité des barrages équipés.

Lors d’une des nombreuses séances en cours dans le cadre de la révision du SDAGE le représentant des microcentraliers a demandé que le taux de fractionnement remplace désormais le taux d’étagement. On voit la manœuvre. La réponse du représentant ANPER-TOS à ce comité de bassin a été assez sèche, relayée sur le fond par le président de séance et la majorité des membres présents.

Braconnage de saumon de Loire

ANPER obtient la condamnation d’un pêcheur

Lors de l’audience réservée aux affaires de braconnage du 17 septembre dernier au tribunal correctionnel de Nantes, ANPER a obtenu la condamnation d’un pêcheur professionnel.
L’homme avait été surpris en flagrant délit par les agents de l’AFB en décembre 2018 avec un saumon dans son bateau,  dans l’estuaire de la Loire (Ouest France, édition du 21 décembre 2018).

La Loire
La Loire
Saumon de la Loire á Vichy
Saumon de la Loire à Vichy

ANPER et une autre association,  elle aussi partie civile obtiennent donc des dommages et intérêts. Nous regrettons toutefois la légèreté des sanctions pénales, puisque le tribunal n’a pas complètement suivi le parquet et est resté relativement conciliant (800 euros d’amende).

En revanche, il a été condamné à verser à chacune des associations :

  • 1000€ au titre du préjudice écologique
  • 100 € au titre du préjudice moral
  • 700€ au titre de l’article 475-1 du code de procédure civile

D’autres affaires sont en cours sur des actes de braconnages, de pollutions et autres.

Canicules et sécheresses estivales

Une évolution climatique en cours ? Incidences sur la répartition des populations piscicoles, le cas de la Loue.
Jean-Pierre HEROLD

Usine electrique Chatillon Rurey
Usine hydroélectrique de Chatillon -Rurey   le 18-09-19

La série est déjà longue : 2019 après 2018 et 2017, 2011, 2003 !
Voici une répétition de phénomènes météorologiques qui traduisent, d’après les climatologues (Bichet et coll. 2015) une augmentation dans le long terme des températures moyennes régionales. Celles-ci ont des conséquences mesurables sur les débits moyens mensuels des rivières de Bourgogne Franche-Comté qui sont consultables en ligne sur le site Hydroreel le serveur de données hydrométriques en temps réel et en archives depuis les années 50 exemple : Pour la Loue à Chenecey-Buillon

En 2018, de la mi-juin jusqu’à la fin octobre, les rares précipitations orageuses ont représenté souvent moins du dixième du volume moyen des pluies selon les secteurs concernés dans notre département. En 2019, dès le 5 juillet l’alerte sécheresse a été déclenchée par la Préfecture du Doubs. Fin août les restrictions d’usage de l’eau étaient encore en cours.

Durant la même période, les températures aussi bien diurnes que nocturnes ont atteint des records sur des durées importantes, et en 2019 des valeurs supérieures à 35 °C ont été quotidiennes pendant plus d’une semaine au mois de juin, une situation tout à fait inédite. Des températures élevées ont été enregistrées jusqu’à la fin du mois d’août.

“plus de vingt communes ont dû faire appel à des transporteurs pour alimenter leurs châteaux d’eau à sec”

Les effets de ces amplitudes thermiques sur le régime des cours d’eau ont été plus marqués encore que ceux de l’année de la canicule historique 2003. Ils entraînent des contraintes nouvelles sur le cours de toutes les rivières de l’arc jurassien et des zones karstiques de la région. Ainsi, l’exemple très remarqué de l’asséchement total du Doubs à l’aval de Pontarlier entre juillet et octobre 2018  a été très commenté par les média et les populations locales, dont certaines ont subi des déficits hydriques perturbateurs : plus de vingt communes ont dû faire appel à des transporteurs pour alimenter leurs châteaux d’eau à sec pendant plusieurs semaines. La situation s’est reproduite début juillet 2019.

Dans le cas de la Loue, présenté ici, les effets combinés des canicules et des sécheresses montrent un impact sur l’évolution et la répartition des populations piscicoles de cette rivière qui a été longtemps considérée come un fleuron des cours d’eau français à salmonidés, truites et ombres, et donc fréquentée et admirée par les pêcheurs sportifs de tous horizons.

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Bassines et Pesticides

Retenue collinaire
Retenue collinaire (source Reporterre )

Le gouvernement français a annoncé qu’il autoriserait la mise en place d’une soixantaine de retenues d’eau sur le territoire d’ici 2022 afin de mieux gérer l’irrigation des terres agricoles. Discours relayé par le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume 
On ne va pas regarder la pluie tomber du ciel pendant six mois et la chercher les six autres mois de l’année“.

17.000 plans d’eau du département évaporent annuellement l’équivalent de la consommation d’eau potable du département

Ainsi donc après avoir vidé les nappes phréatiques et instauré un système de production qui les empêche de se recharger, il s’agirait de stocker ce qui tombe et donc pas définition d’en priver ce qui se trouve à l’aval. C’est ainsi que des fleuves comme le Colorado n’arrivent plus jusqu’à la mer, phénomène d’appropriation et de désertification qui commence à affecter maintenant l’Espagne où d’immenses réservoirs, après avoir privé les cours d’eau de 50 à 75% de leur débit naturel, évaporent désormais plus d’eau qu’ils n’en fournissent. En France le Conseil régional de Bretagne a constaté que les 17.000 plans d’eau du département évaporent annuellement l’équivalent de la consommation d’eau potable du département. Est-ce le modèle que nous voulons ?

Et pour quels usages ?

Si l’agriculture a besoin d’eau, les cultures intensives destinées à l’alimentation animale, outre qu’elles constituent un gâchis de protéines et d’énergie.Il faut en moyenne 19 protéines végétales pour ‘’faire’’ une protéine animale, sans parler de la consommation d’eau, de pétrole, d’intrants etc.
Les retenues pour ces cultures prolongent un mode de production polluant qui détruit les sols. Elles ne seront jamais en mesure de combler un déficit de pluviométrie qui, d’exceptionnel, est devenu structurel et fragilise ces productions.

Ajoutons à cela que ces créations de retenues, financées jusqu’à 90% par de l’argent public, ne bénéficient qu’à une faible partie des agriculteurs, ce qui est contraire au principe d’égalité entre les citoyens et accroit encore la concentration des exploitations, moteur de la disparition des agriculteurs.  Les solutions se trouvent essentiellement dans la préservation des zones humides d’une part, et d’autre part dans un changement profond des méthodes agricoles. Cela permettra à nouveau aux sols de retenir l’eau et d’atteindre les nappes profondes.
Vous voulez en savoir plus sur le sujet?

Les sols vivants

Sabine Martin de FNE Midi Pyrénées

Vous pouvez accompagner ces changements

Traitement agricole
Epandage de pesticides

Bien que mal conçue dans ses attentes, et en insistant sur le fait que seul peut être efficace un changement de paradigme : Plus de pesticides de synthèse, à quelque distance que ce soit.
Nous pouvons accompagner ces changements, mais seulement avec des règles et des échéanciers rigoureux.  Il ne s’agit plus de se satisfaire de la situation actuelle. La profession agricole veut bien que tout bouge, à condition que rien ne change ! La campagne n’est plus constituée d’une succession de fermes, et l’occupation actuelle des sols impose de respecter les habitations qui les jouxtent et qui sont occupées par des gens qui sont aussi consommateurs des produits agricoles

Une agriculture sans pesticides ne conduira pas à réduire les surfaces agricoles utiles au niveau national mais permettra de réduire les troubles de la santé liés à leur utilisation.

“Répondez-donc à cette consultation publique”

Elle vous concerne! En effet les distances règlementaires proposées sont inadmissibles!