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Catégorie : Centre Val de Loire

GROUPE LOCAL CENTRE VAL DE LOIRE:

Mr Josselin DE LESPINAY

&

Raphaël AMAT

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VICHY LA SUITE…..

ANPER-TOS et neuf autres associations se sont alliées pour créer un collectif et agir contre l’arrêté autorisant la construction d’une centrale hydroélectrique sur le barrage de Vichy.

Un recours a été envoyé au Préfet de l’Allier afin d’obtenir une révision profonde de l’arrêté d’autorisation, en cohérence avec les exigences environnementales et la sauvegarde du saumon, ainsi que des autres espèces migratrices.

Découvrez le communiqué de presse à ce sujet : Communiqué de Presse

Lisez le recours gracieux formé par notre collectif : Recours Gracieux

Photo : Observatoire poissons migrateurs Vichy

Vichy : une réponse attendue mais pas définitive!

Le 4 mai dernier, nous vous parlions du projet de microcentrale que la SHEMA, une filiale d’EDF, souhaite mettre en place sur la rive gauche du barrage de Vichy.
A ce moment, nous participions à l’enquête publique en mettant en avant :

  • Que l’ouverture totale de l’ouvrage au milieu de la période migratoire est indispensable.
  • Qu’aucune autre solution énergétique de remplacement ne semble avoir été étudiée, ce qui semble contraire à la doctrine ERC (Éviter, Réduire, Compenser).
  • Qu’un renversement de valeurs inacceptable consistant à faire volontairement la confusion entre « renouvelable » et « durable ».
  • Que la tendance observée dans les pays abritant des stocks de salmonidés migrateurs, tant en Atlantique que dans le Pacifique, est de vouloir araser et supprimer les barrages.
  • Que le design du projet ne semble pas avoir fait l’objet d’études plus approfondies quant à d’autres possibilités d’aménagement des dispositifs de franchissement afin de garantir leur réelle optimisation.

Image par Arek Socha de Pixabay

Suite à cela, le 14 mai 2021 Madame la Commissaire Enquêtrice a rendu ses conclusions : un avis favorable MAIS une dernière phrase intéressante:
« Si ces réserves ne pouvaient être levées, l’avis devrait être considéré comme défavorable. »

Voir les conclusions de la commissaire enquêteur

Le 16 juillet dernier, sans grande surprise, Monsieur le Préfet de l’Allier délivre un arrêté autorisant l’installation et l’exploitation d’une centrale hydroélectrique en rive gauche du pont-barrage de Vichy.

Voir l’arrêté d’autorisation.

Le combat n’est pas terminé, continuez de suivre cette affaire avec ANPER-TOS !

Micro centrale d’Ebreuil

Déposition à l’enquête publique portant sur la micro centrale d’Ebreuil (03)

ANPER-TOS regrette qu’un nouvel équipement soit mis en œuvre sur une rivière sensible dont les populations de poissons migrateurs amphihalins sont en grande difficulté.
La multiplication des obstacles est une cause majeure de ce déclin, la rivière étant déjà très lourdement équipée. ANPER-TOS remarque que la doctrine « éviter-réduire-compenser » définie dans le L110-1 du Code de l’Environnement est une nouvelle fois prise à l’envers, le premier terme n’étant même pas envisagé, le second appliqué par défaut, le troisième  minimisé.

Cependant, ANPER−TOS prend acte de la potentielle amélioration que constituerait l’équipement de l’ouvrage d’un meilleur système de franchissement, en soulignant qu’il eut été nettement préférable de se débarrasser de l’obstacle, ce qui outre l’amélioration des conditions de migration aurait également pour effet de supprimer la zone lentique en amont de l’obstacle, réduisant ainsi le réchauffement, améliorant l’oxygénation et l’épuration des eaux et rétablissant potentiellement des habitats favorables à la croissance des juvéniles de salmonidés (saumon en particulier), selon les objectifs 1.3 du SAGE Sioule.

La production électrique envisagée est dérisoire (puissance nette 320 kW), et économiquement sous perfusion (productible vendu au prix de rachat obligatoire de 120 euros/MWh alors que le prix moyen de l’électricité vendue par EDF est de 44euros/MWh, soit une subvention de plusieurs millions d’euros sur la durée d’exploitation – Arrêté du 13 décembre 2016 fixant les conditions d’achat et du complément de rémunération pour l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie hydraulique des lacs, des cours d’eau et des eaux captées gravitairement.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033585076/

Vous pourrez lire l'intégralité de notre déposition à cette enquête publique en cliquant sur ce lien

Les Nouvelles Juridiques

VICHY

Le mois a commencé fort avec l’enquête publique à propos de la construction de la microcentrale hydroélectrique à Vichy (03).

Projet Microcentrale de Vichy

En conclusion, l’ANPER a mis en avant plusieurs arguments :

Nous réclamons l’ouverture totale de l’ouvrage au milieu de la période migratoire, soit dans une période comprise entre la fin de l’hiver et le début de l’été et a minima, selon évaluation des scientifiques compétents. Il est crucial que l’impact de l’ouvrage soit nul et dans une telle configuration les adultes montant comme les juvéniles descendants à la même époque en tireraient le plus grand bénéfice.

– Aucune autre solution énergétique de remplacement ne semble avoir été étudiée, ce qui semble contraire à la doctrine ERC (Eviter, Réduire, Compenser).

– Un renversement de valeurs inacceptable consistant à faire volontairement la confusion entre « renouvelable » et « durable » a été faite.

– On observe une tendance observée dans les pays abritant des stocks de salmonidés migrateurs, tant en Atlantique que dans le Pacifique, à vouloir araser et supprimer les barrages. Les résultats sont salutaires (parmi les plus spectaculaires et entre autres : Penobscot, état de Maine, Elwha état de Washington, Mörrum en Suède, Hiitololanjoki en Finlande, Sélune en France), on est parfaitement en droit d’en attendre autant sur l’Allier, la variété de saumon atlantique ‘’Souche Allier’’ étant génétiquement unique et donc irremplaçable.

– Le design du projet ne semble pas avoir fait l’objet d’études plus approfondies quant à d’autres possibilités d’aménagement des dispositifs de franchissement afin de garantir leur réelle optimisation d’une part, et sur les lacunes que nous avons soulevées ci-dessus d’autre part.

L’enquête publique est maintenant close mais vous pouvez suivre les avancées du dossier en cliquant sur ce lien : https://www.registredemat.fr/hydro-vichy/documents

ET AILLEURS

Par la suite, nous avons été avertis de plusieurs pollutions importantes et pour lesquelles nous souhaitons réagir :

– Le 19 mars : une fosse à lisiers a cédé entraînant ainsi un fort rejet toxique dans la Laize (Calvados). Ce rejet a provoqué la mort de dizaines de kilos de poissons souches.

– Le 20 mars, un rejet de produits dangereux a eu lieu à cause d’une fuite lors d’une vidange d’un bac de traitement de bois. Le cours d’eau touché est la Sénouire (Haute-Loire).

– Le 2 avril, une fuite de lisiers provenant d’une exploitation industrielle de porc a provoqué une forte pollution sur la Penzé (Finistère). Des dizaines de poissons devant assurer la continuité des espèces touchées, ont été retrouvés morts.

Ces affaires sont donc en cours de traitement par notre association.

Projet nouveau barrage de Poutès

Enquête publique concernant le barrage de Poutés

Les objectifs pour 2020 ne seront pas atteints.

La production primaire d’énergies renouvelables est en hausse chaque année  mais  les objectifs de production et de consommation d’énergies renouvelables fixés pour 2020 par la France ne seront malheureusement pas atteints à temps mais les statistiques et les différents relevés montrent que les filières s’en approchent fortement.

Le problème étant le stockage et de pouvoir moduler l’éolien et le solaire avec l’hydroélectricité qui traine les pieds en matière de continuité écologique sur nos cours d’eau.

En effet, il a fallu plusieurs dizaines années avant que soit mis en place le dixième du module pour le « débit réservé » dans nos cours d’eau  afin de préserver les milieux aquatiques. De même  que pour la « continuité écologique »  afin que les espèces migratrices puissent circuler librement et rejoindre les lieux de frayères où la France est très en retard sur ses engagements.

EDF qui a pour le moment, le monopole sur cette énergie préfère construire des barrages à l’étranger que de s’occuper des barrages en France et de préférer la production d’électricité  à la préservation des milieux aquatiques comme dans ce projet  » Nouveau Poutés optimisé  » contre lequel nous avons déposé à l’enquête publique (voir déposition) et les pièces annexes qui s’y rapportent:

Après certaines interrogations à la commission d’enquête ,vous trouverez ici la réponse (voir réponse)

Changement climatique

Au colloque « Eau et changement climatique » (Lyon, 15 novembre 2018), le ministre de Rugy et les présidents de comités de bassin.

                      ADAPTATION, ACCOMMODATION, AGGRAVATION 

photo de Josselin de Lespinay

La Directive-cadre sur l’eau nous impose de restaurer les milieux dégradés et de parvenir au « bon état ». En matière de changement climatique dans le domaine de l’eau, il convient tout d’abord de définir ce que l’on entend par « adaptation ». Quelle signification donner à « s’adapter » – dans le sens de ‘’tenir compte’’ – sachant que le modèle que nous pouvons choisir peut aggraver le phénomène auquel il prétend faire face ? Dans ce cas c’est seulement « s’accommoder », sans que l’on sache ce qui doit réellement s’adapter, si ce sont les activités humaines ou bien… le climat.

On ne peut plus recourir à l’utilisation massive d’énergies fossiles dans des systèmes de production qui génèrent des GES par une mécanisation intense et l’utilisation de produits nécessitant de longs transports, et dont la fabrication comme la distribution sont eux-mêmes fortement consommateurs d’énergie dès lors qu’ils sont liés à un marché mondialisé. Bien sûr ce système de production génère des emplois et ‘’crée de la richesse’’, essentiellement pour ceux qui ont à fabriquer, non pas tant le produit brut, que tout ce qui l’entoure en amont et en aval de sa production.

Pour l’agriculture, la non-adaptation concerne la mécanisation, les intrants et la chimie, et les sociétés plus ou moins coopératives qui prennent en charge le produit fini puis le distribuent. La rémunération de ceux qui produisent réellement est à l’heure actuelle soumise à des contraintes financières sur lesquelles les agriculteurs n’ont pas ou peu de prise. Le secteur à la base de la production – l’agriculteur – est moins important économiquement que celui de l’agro-business. Cela apparaît jusqu’à la caricature dans la différence entre la rémunération d’une majorité d’agriculteurs et celle des secteurs qui les entourent pour leur ‘’vendre’’ ou pour leur ‘’prendre’’ et proposer le produit fini au consommateur à un prix fort éloigné de la rémunération du producteur.

Gestion quantitative et qualitative

On ne peut séparer la gestion quantitative de la ressource des impacts sur la qualité de l’eau que cette gestion peut avoir par ailleurs.  Avant toute chose il faut se poser la question, non des moyens, mais des buts.

Ruisseau du Gouhouron (nov 2018)

Séparer la gestion quantitative de ses conséquences au niveau de la qualité de l’eau apparaît comme contre-productif, une ruse de l’esprit. En effet les décisions prises pour l’adaptation au changement climatique peuvent aggraver la situation qualitative de nombreuses masses d’eau.

Créer des retenues donne l’illusion de l’abondance

Parmi les solutions envisagées, on évoque régulièrement la création de ‘’réserves’’. Mais on doit alors relier les demandes aux moyens employés, aux buts poursuivis et aux conséquences en termes de qualité des eaux. Sans compter que, fondamentalement, on ne « crée » pas de la ressource en eau : on la prend, que ce soit au milieu ou à d’autres activités. On pourrait penser que retenir l’eau lorsqu’elle est en abondance – quand elle l’est et si elle l’est – pour l’utiliser en période de pénurie ou de stress hydrique est une solution de bon sens. Mais outre que le grand cycle de l’eau est complexe, la logique de ce modèle a des effets pervers. Il a été   mené à son terme dans différents pays, et pour ne citer qu’un exemple, un gros fleuve comme le Colorado n’arrive même plus jusqu’à la mer. Créer des retenues donne l’illusion de l’abondance, et incite au gaspillage en toute bonne conscience.

Retenues de substitution

Il existe différents types de retenues, et parmi elles on a pu croire que les retenues dites ‘’de substitution’’, représenteraient un progrès en matière d’irrigation agricole. Il s’agit en effet de remplacer un prélèvement en période estivale par un prélèvement hivernal stocké dans les évaporateurs à ciel ouvert que sont ces retenues, prélèvement effectué à un niveau théoriquement inférieur quantitativement au prélèvement estival et sans se demander pourquoi les réserves naturelles sont gravement déficitaires. Les volumes prélevables calculés, et soumis à d’âpres discussions, le sont par rapport à la situation hydrique moyenne actuelle et en ce sens ils ne tiennent aucun compte des futurs effets de raréfaction de la ressource liés au changement climatique. Outre que le protocole de création et d’exploitation de ces retenues est facilement détourné, son application revient à pérenniser un mode de production intensive, quand il ne crée pas de nouveaux secteurs irrigués. De plus l’agriculture intensive diminue considérablement la capacité naturelle de rétention et de transfert de l’eau de ruissellement vers les aquifères, en détruisant par l’utilisation de pesticides la microfaune qui les aère les sols, les transformant en  »toile cirée » et augmentant les phénomènes d’érosion.

retenue collinaire en haute Garonne ( nov 2018)

Même si ces réserves peuvent être très fortement ‘’aidées’’ par les agences de l’eau depuis que ces financements leur ont été imposés, leur coût reste élevé pour les irrigants, les contraignant à des rendements maximisés et donc au recours à toujours plus d’intrants et de pesticides.

Il s’agit donc typiquement d’une vraie fausse-solution, d’une « mal-adaptation ». Il convient désormais, non plus d’adapter aux pratiques agricoles actuelles les nouvelles conditions liées au changement climatique, mais bien de changer ces pratiques, car on ne peut à la fois lutter contre les pollutions et pérenniser, voire encourager les systèmes de production qui les génèrent.

voir aussi Canicules et sécheresses , le cas de la Loue de Jean Piere Hérold.

Georges Pompidou déclara au début des années 1970 : « On n’arrêtera pas le Progrès, et c’est à l’environnement de s’adapter au Progrès ». Presque cinquante ans plus tard il est de bon ton de sourire de cette déclaration, mais dans la réalité en-dehors des discours et des promesses il y a toujours un ‘’e’’ minuscule à ‘’environnement’’, et un P majuscule à ce que ce que certains acteurs économiques nomment abusivement ‘’progrès’’.

Josselin de Lespinay pour ANPER-TOS