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Catégorie : Groupes locaux

Anper,

Association Nationale pour la Protection des Eaux et Rivières est une association Nationale.

A ce titre des groupes locaux veillent, agissent au niveau régional.

Retrouvez les dossiers en cours classés par régions.

Vichy : une réponse attendue mais pas définitive!

Le 4 mai dernier, nous vous parlions du projet de microcentrale que la SHEMA, une filiale d’EDF, souhaite mettre en place sur la rive gauche du barrage de Vichy.
A ce moment, nous participions à l’enquête publique en mettant en avant :

  • Que l’ouverture totale de l’ouvrage au milieu de la période migratoire est indispensable.
  • Qu’aucune autre solution énergétique de remplacement ne semble avoir été étudiée, ce qui semble contraire à la doctrine ERC (Éviter, Réduire, Compenser).
  • Qu’un renversement de valeurs inacceptable consistant à faire volontairement la confusion entre « renouvelable » et « durable ».
  • Que la tendance observée dans les pays abritant des stocks de salmonidés migrateurs, tant en Atlantique que dans le Pacifique, est de vouloir araser et supprimer les barrages.
  • Que le design du projet ne semble pas avoir fait l’objet d’études plus approfondies quant à d’autres possibilités d’aménagement des dispositifs de franchissement afin de garantir leur réelle optimisation.

Image par Arek Socha de Pixabay

Suite à cela, le 14 mai 2021 Madame la Commissaire Enquêtrice a rendu ses conclusions : un avis favorable MAIS une dernière phrase intéressante:
« Si ces réserves ne pouvaient être levées, l’avis devrait être considéré comme défavorable. »

Voir les conclusions de la commissaire enquêteur

Le 16 juillet dernier, sans grande surprise, Monsieur le Préfet de l’Allier délivre un arrêté autorisant l’installation et l’exploitation d’une centrale hydroélectrique en rive gauche du pont-barrage de Vichy.

Voir l’arrêté d’autorisation.

Le combat n’est pas terminé, continuez de suivre cette affaire avec ANPER-TOS !

L’anthropocène:

Comment l’homme a modifié les peuplements des rivières et des lacs de l’espace jurassien.

par Jean-Pierre Hérold    

On situe le début de l’anthropocène à la fin du 18ème siècle avec l’essor de l’ère industrielle et le développement des échanges internationaux. Cette période a été baptisée ainsi et théorisée pour la première fois par Paul Josef Crutzen, prix Nobel de chimie en 1995.

 Mais dès 1778 Buffon écrivait déjà dans Les Époques de la Nature : « La face entière de la Terre porte aujourd’hui l’empreinte de la puissance de l’homme ». Tout récemment Michel Magny  en 2019 explore les relations entre la crise écologique actuelle et la «  crise de l’homme »  qui caractérise l’anthropocène.  En 2020  le laboratoire de Chrono-environnement de l’Université BFC rend un rapport très complet sur l’état de santé des rivières karstiques et les pressions anthropiques qu’elles subissent.

Cette période, encore appelée « l’âge de l’homme » correspond à  l’impact exercé par toutes les populations humaines en forte croissance sur l’environnement naturel, qu’il soit  géologique ou biologique. Il  est marqué par des interventions de plus en plus fréquentes, importantes et durables sur les milieux originels préhistoriques et sur la répartition et la maîtrise des espèces, en particulier sur celles du monde aquatique.

Truite Arc en Ciel crédit Photo Romain Quiles

Ces pratiques sont déjà fréquentes dès le Moyen Age : transport, introduction, et acclimatation de poissons  d’élevage en milieux aménagés comme dans la région des Mille Étangs en Haute Saône ou dans le cadre géographique de la Bresse jurassienne.

 Dès la fin du 18ème  siècle  s’est développée une aquaculture plus spécialisée, avec  des évolutions  sur les pratiques d’élevage, puis aussi  des interventions sur le génome pour  “améliorer ”  les rendements et donc la rentabilité des espèces aquatiques.

Par la suite, des modifications de l’espace naturel initial avec des techniques de génie géologique  ouvrent des milieux nouveaux comme les ballastières de plaine pour la recherche de granulats ou des retenues des barrages hydroélectriques en moyenne montagne. Et les ambitions vont  jusqu’aux travaux gigantesques  du barrage de  Vouglans  visible depuis la station orbitale. Ainsi  la trace de l’homme est présente dans toute la région, même en zone d’altitude avec la création de retenues d’eau pour assurer de la neige de culture en hiver.

L’artificialisation des cours d’eau pour la navigation a été accompagnée de recalibrages et d’enrochements sur des longueurs impressionnantes. Jusqu’aux petits ruisseaux qui ont subi des aménagements multiples : moulins, forges, et scieries  pour exploiter la force hydraulique.

La gestion officielle des milieux aquatiques qui est confiée aux AAPPMA ( Associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques )  contribue également à  « réguler » les peuplements des eaux douces par des déversements ou des quotas de prélèvements d’espèces piscicoles  depuis de très nombreuses années.

 On propose ici un examen des données disponibles dans l’aire géographique constituée par l’arc jurassien et donc faisant partie du bassin versant  amont du Rhône et de ses affluents. Il présente une unité géologique et une géographie simple avec un réseau de rivières bien connu, souvent modifiées ou rendues navigables, et une variété de lacs intéressante : d’origine glaciaire ou anthropique.

Sur ces  “masses d’eau ”  en terme administratif, ou sur ces milieux dulcicoles en terme scientifique, il est possible de faire un bilan des espèces disparues et des espèces nouvelles, introduites et/ou invasives, résultat des activités et de la pression humaines.

Il s’agit  de préciser les réels bouleversements de la biodiversité d’espèces dulcicoles, de repérer la dynamique des populations dépendantes des conditions climatiques dans le cadre du réchauffement actuel et prévisible, mais aussi soumises aux objectifs d’aménagement et de gestion des milieux aquatiques pratiqués dans le passé.

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Micro centrale d’Ebreuil

Déposition à l’enquête publique portant sur la micro centrale d’Ebreuil (03)

ANPER-TOS regrette qu’un nouvel équipement soit mis en œuvre sur une rivière sensible dont les populations de poissons migrateurs amphihalins sont en grande difficulté.
La multiplication des obstacles est une cause majeure de ce déclin, la rivière étant déjà très lourdement équipée. ANPER-TOS remarque que la doctrine « éviter-réduire-compenser » définie dans le L110-1 du Code de l’Environnement est une nouvelle fois prise à l’envers, le premier terme n’étant même pas envisagé, le second appliqué par défaut, le troisième  minimisé.

Cependant, ANPER−TOS prend acte de la potentielle amélioration que constituerait l’équipement de l’ouvrage d’un meilleur système de franchissement, en soulignant qu’il eut été nettement préférable de se débarrasser de l’obstacle, ce qui outre l’amélioration des conditions de migration aurait également pour effet de supprimer la zone lentique en amont de l’obstacle, réduisant ainsi le réchauffement, améliorant l’oxygénation et l’épuration des eaux et rétablissant potentiellement des habitats favorables à la croissance des juvéniles de salmonidés (saumon en particulier), selon les objectifs 1.3 du SAGE Sioule.

La production électrique envisagée est dérisoire (puissance nette 320 kW), et économiquement sous perfusion (productible vendu au prix de rachat obligatoire de 120 euros/MWh alors que le prix moyen de l’électricité vendue par EDF est de 44euros/MWh, soit une subvention de plusieurs millions d’euros sur la durée d’exploitation – Arrêté du 13 décembre 2016 fixant les conditions d’achat et du complément de rémunération pour l’électricité produite par les installations utilisant l’énergie hydraulique des lacs, des cours d’eau et des eaux captées gravitairement.
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033585076/

Vous pourrez lire l'intégralité de notre déposition à cette enquête publique en cliquant sur ce lien

Les Nouvelles Juridiques

VICHY

Le mois a commencé fort avec l’enquête publique à propos de la construction de la microcentrale hydroélectrique à Vichy (03).

Projet Microcentrale de Vichy

En conclusion, l’ANPER a mis en avant plusieurs arguments :

Nous réclamons l’ouverture totale de l’ouvrage au milieu de la période migratoire, soit dans une période comprise entre la fin de l’hiver et le début de l’été et a minima, selon évaluation des scientifiques compétents. Il est crucial que l’impact de l’ouvrage soit nul et dans une telle configuration les adultes montant comme les juvéniles descendants à la même époque en tireraient le plus grand bénéfice.

– Aucune autre solution énergétique de remplacement ne semble avoir été étudiée, ce qui semble contraire à la doctrine ERC (Eviter, Réduire, Compenser).

– Un renversement de valeurs inacceptable consistant à faire volontairement la confusion entre « renouvelable » et « durable » a été faite.

– On observe une tendance observée dans les pays abritant des stocks de salmonidés migrateurs, tant en Atlantique que dans le Pacifique, à vouloir araser et supprimer les barrages. Les résultats sont salutaires (parmi les plus spectaculaires et entre autres : Penobscot, état de Maine, Elwha état de Washington, Mörrum en Suède, Hiitololanjoki en Finlande, Sélune en France), on est parfaitement en droit d’en attendre autant sur l’Allier, la variété de saumon atlantique ‘’Souche Allier’’ étant génétiquement unique et donc irremplaçable.

– Le design du projet ne semble pas avoir fait l’objet d’études plus approfondies quant à d’autres possibilités d’aménagement des dispositifs de franchissement afin de garantir leur réelle optimisation d’une part, et sur les lacunes que nous avons soulevées ci-dessus d’autre part.

L’enquête publique est maintenant close mais vous pouvez suivre les avancées du dossier en cliquant sur ce lien : https://www.registredemat.fr/hydro-vichy/documents

ET AILLEURS

Par la suite, nous avons été avertis de plusieurs pollutions importantes et pour lesquelles nous souhaitons réagir :

– Le 19 mars : une fosse à lisiers a cédé entraînant ainsi un fort rejet toxique dans la Laize (Calvados). Ce rejet a provoqué la mort de dizaines de kilos de poissons souches.

– Le 20 mars, un rejet de produits dangereux a eu lieu à cause d’une fuite lors d’une vidange d’un bac de traitement de bois. Le cours d’eau touché est la Sénouire (Haute-Loire).

– Le 2 avril, une fuite de lisiers provenant d’une exploitation industrielle de porc a provoqué une forte pollution sur la Penzé (Finistère). Des dizaines de poissons devant assurer la continuité des espèces touchées, ont été retrouvés morts.

Ces affaires sont donc en cours de traitement par notre association.

Les récolteurs deviennent des “bacs à rives”

Depuis maintenant un an, ANPER développe en Normandie, et plus particulièrement dans la Manche, le projet des récolteurs qui consiste à installer le long de certains cours d’eau des bacs permettant aux personnes qui se promènent d’y déposer les déchets qu’elles trouvent par terre.

En parallèle de cette base de données, le projet nous permet de sensibiliser les plus jeunes puisque l’ANPER propose aux écoles adjacentes aux récolteurs installés de faire une intervention auprès de leurs élèves afin de leur expliquer le cycle de l’eau, le fonctionnement d’une rivière et l’intérêt du projet des récolteurs.Pour le développement de ce projet dans la Manche, nous avons multiplié les partenaires. Le conseil départemental manchois nous a grandement supporté et fait parti des acteurs avec qui nous partageons nos données. Nous sommes également en contact avec des collèges, des associations locales (Marigny Je t’aime, l’AAPPM de Saint-Lô), des entreprises (Eco Megot, Casamer …) qui nous aident à fabriquer les récolteurs et à valoriser les déchets …

Un bac à rives.

Aujourd’hui, une soixantaine de récolteurs sont installés dans la Manche (et 20 supplémentaires seront installés d’ici la fin du printemps).

En 2021-2022, nous avons pour objectif d’étendre ce projet au reste de la Normandie en installant 30 récolteurs par département normand. Pour cette nouvelle aventure, de nouveaux partenariats sont en cours de création. Parmi eux, la société Vitamont, la fondation Gecina, l’Agence de l’Eau bassin Seine-Normandie, des associations locales, des établissements scolaires ou d’aide aux personnes handicapées …

En plus d’être un projet à visée environnementale, le projet des récolteurs a pour objectif d’être fédérateur et d’intégrer le plus grand nombre de personnes à sa mise en place.

Récemment, un nouveau partenariat s’est développé en dehors de la Normandie. En effet, après plusieurs échanges entre ANPER, la SCIC TEO (basée à La Rochelle), l’association Environat (Charente-Maritime) et l’association Perennis (Charente), un nouveau collectif s’est créé.

Ces trois entités et ANPER ont mis en place le collectif des bacs à rives charentais afin de mettre en place des récolteurs de déchets le long de la Charente (le fleuve).

Pourquoi bacs à rives ? Pour faire écho aux bacs à marée que l’on retrouve maintenant un peu partout en France et qui ont initialement été imaginés par la SCIC TEO. Afin de faire le lien entre ces bacs à marée qui permettent de dépolluer les plages et les récolteurs qui sont situés en amont, les récolteurs ont été renommés bacs à rives.

Membres du collectifs :

Présentation des récolteurs d’ANPER

Le projet « Les récolteurs d’ANPER »

Chaque année on comptabilise 10 millions de tonnes de déchets déversées dans nos océans et 80% de ces déchets proviennent des terres (1), dont un gros pourcentage est acheminé progressivement par les rivières et les fleuves dans la mer. De plus en plus d’initiatives citoyennes et associatives s’emparent de ce problème et participent à la réduction de la production de déchets, au tri de ces derniers ou encore au nettoyage d’espaces naturels comme les plages.

ANPER-TOS a décidé de s’emparer à son tour du sujet afin de lutter contre la pollution des eaux et participer ainsi à la réduction des déchets en amont des océans.

Pour ce faire, l’Association souhaite s’inspirer des bacs à marée créés par la SCIC Taho’é éco-organisation.
Des bacs ont été mis en place à l’entrée de certaines plages afin « d’optimiser avec l’aide de la participation volontaire citoyenne le collectage des plastiques échoués le long du littoral ». Les données récoltées serviront ensuite d’indicateurs de l’état écologique du littoral.
Leur site : https://bacamaree.fr).

Des récolteurs en bord de rivière

Parallèlement à cela, ANPER-TOS va mettre en place un système de récolteurs de déchets en bord de rivières. Ces derniers seront disposés sur plusieurs kilomètres le long d’une rivière et permettront aux personnes se promenant de ramasser les déchets qu’ils trouvent et de les y déposer. Les déchets récoltés seront prélevés une fois par mois par l’Association afin de les quantifier, de les analyser et, in fine, de les traiter.

Prototype de récolteur a Sainte-Suzanne -sur-Vire
Prototype de récolteurs
à Sainte Suzanne sur vire

De plus, à des fins de sensibilisation du public, le récolteur disposera sur son couvercle d’une affichette descriptive d’une espèce animale ou végétale vivant dans, sur ou à côté de la rivière adjacente.
Enfin, des interventions en milieu scolaire permettront de compléter ce processus à travers la présentation du fonctionnement de la rivière, des espèces animales et végétales qui y vivent et un nettoyage de berges (les déchets ramassés seraient bien-sûr comptabilisés dans le projet de récolteurs).

Récolteur saumon, récolteur triton, récolteur martin-pêcheur …
Personne physique ou morale,

En effet, chaque récolteur peut être parrainé pour un minimum de 10€ (sur lesquels sera appliquée une réduction fiscale).
En devenant parrain, vous pourrez, si vous le souhaitez, voir votre nom ou logo affiché sur votre récolteur et surtout, recevoir tous les mois le récapitulatif des déchets qui y sont récoltés. Un joli geste en faveur de la dépollution de nos cours d’eau
. » 

1 Océan Campus, Surfrider