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LOI D’URGENCE AGRICOLE

Nos parlementaires viennent d’adopter la « Loi d’Urgence Agricole », censée répondre à la crise que traverse l’agriculture française, crise qui dure depuis si longtemps que le terme urgence semble complétement désuet.

l’Ouatier à sec en 2019, pendant que son petit sous bassin se voit amputé de 5 millions de m3 de prélèvements agricoles.

ANPER tient à souligner que ladite crise est née non pas des contraintes environnementales mais au contraire du laxisme et de l’ouverture débridée à un marché international dérégulé. L’environnement et la santé, l’accès à la ressource en eau tant en quantité qu’en qualité, ne peuvent pas être les variables d’ajustement d’un système qui méprise les hommes et la nature pour le seul profit d’une poignée d’agro-industriels qui instrumentalisent toute une profession en souffrance. La crise agricole qui perdure mérite autre chose qu’une simple loi visant entre autres à sacrifier ce qui reste de nos rivières et zones humides !

Ce n’est pas cette loi qui réduira l’endettement, qui mettra fin aux de suicides des agriculteurs et à la désertification des campagnes, qui permettra aux agriculteurs de vivre décemment de leur activité.

  • Sous prétexte de distorsion de concurrence, il a été décidé de réintroduire l’usage « dérogatoire » de deux pesticides de synthèse, l’acétamipride et le flupyradifurone. La panoplie de molécules déjà présentes dans notre environnement et en particulier dans les eaux de surfaces et souterraines est pourtant conséquente et leurs effets sont dévastateurs et documentés. Quand bien même ces usages seraient réglementés et soumis à une chaîne de décision, ANPER rappelle que l’action « Justice pour le vivant » menée collégialement avec d’autres ONG avait abouti à la condamnation de l’État et au rejet des procédures d’homologation des pesticides menées par l‘ANSES.

M.Rousseau, président de la FNSEA a beau jeu de juger au micro de France Info ce mardi 21 juillet que l’ANSES et donc la science aura le dernier mot sur ce sujet : l’ANSES, en partie sous tutelle du ministère de l’Agriculture, est d’ores et déjà disqualifiée…

  • Sous prétexte d’accès à l’eau, il a été choisi de favoriser le stockage, sous prétexte de lever des contraintes, l’aménagement des zones humides serait facilité. Pourtant le besoin réel est de rétablir le grand cycle en restaurant les zones humides, en reméandrant les rivières, en rétablissant le talutage. Les bassines de stockage sont un leurre qui ne donnera que l’illusion d’une disponibilité que la nature n’offre pas, n’offre plus. ANPER s’est opposée ces dernières années aux décisions de l’État pour remettre bon ordre à la protection de la ressource, en attaquant des arrêtés sécheresse, en obtenant en 2024 l’annulation par le Conseil d’État un arrêté facilitant la destruction des zones humides, en s’attachant à protéger ces dernières via des contentieux notamment en Bretagne. ANPER s’est attachée à défendre la ressource dans les CLE des SAGE où ses représentants siègent et nous continuerons ce combat.

La loi ne prévoit aucune adaptation au changement climatique dont nous venons de subir violemment les effets pourtant annoncés depuis longtemps. La profession agricole doit changer de paradigme, revenir sur une politique mortifère et dépassée, faire preuve de souplesse et d’imagination en revenant sur ses dogmes productivistes. Le progrès ce n’est pas la fuite en avant avec des méthodes qui ont contribué à la catastrophe en cours.

Il faudra être vigilant sur les programmes des candidats aux prochaines élections et aussi bien se rappeler de ceux qui ont voté cette loi insensée. Une telle ignominie de doit pas se répéter, il est de notre devoir d’obtenir son abrogation.

Nous nourrir certes, mais pas n’importe comment ni avec n’importe quoi.

Rejoignez-nous, ensemble nous garderons notre planète vivante et vivable.