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Catégorie : Hydroéléctricité

Concertation nationale sur le mix énergétique

Contribution d’ANPER-TOS à la Concertation nationale sur le mix énergétique, concernant l’hydroélectricité.

Depuis le mois d’octobre et jusqu’au 18 janvier 2023, le gouvernement, sous l’égide de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), organise via une plateforme en ligne, une concertation nationale sur le mix énergétique.

La concertation est organisée en thèmes, le deuxième portant sur les modes de production d’énergie dont une partie est consacrée à l’hydroélectricité. Chaque énergie s’accompagne d’une fiche thématique écrite par le gouvernement pour présenter les enjeux liés.

ANPER-TOS a souhaité tout d’abord rapporter la partialité avec laquelle est présenté, dans la Concertation, le développement de l’hydroélectricité. Pour ce faire, l’association a tout d’abord écrit un courrier au comité de garantie de la concertation, puis a rédigé sa propre contribution au débat, en choisissant l’option A.

Nous avons soulevé auprès du comité de garantie le traitement du bilan environnemental de cette énergie qui nous apparait comme biaisé, car à la lecture du texte, il semble d’une part que globalement les problématiques environnementales seraient déjà prises en compte de manière suffisante, et d’autre part que la règlementation environnementale serait efficace pour prévenir les atteintes à l’environnement, ce dont nous ne sommes pas certains. ANPER-TOS a souhaité rappelé que si la règlementation s’améliore, nous constatons toujours de nombreuses atteintes à l’environnement causées par la production hydroélectrique, et este souvent à ce propos devant les tribunaux. Des maîtres d’ouvrages mènent encore des projets qui sont contraires à la continuité écologique, des exploitants causent encore des dommages à l’environnement.

Dans notre contribution, nous voulons tout d’abord signifier qu’il apparaît impossible de se prononcer sur un choix en n’ayant pas conscience, de prime abord, des enjeux de changement climatique et de crise écologique que nous traversons. L’hydroélectricité a un impact sur la ressource en eau, et l’humain génère un impact en exploitant les cours d’eau. Il faut mettre au cœur du débat les problèmes de sécheresse, de raréfaction de la ressource en eau, mais aussi la grave détérioration de la biodiversité due à l’installation de centrales hydroélectriques, notamment des espèces piscicoles pour certaines menacées. Nous rappelons qu’il existe une différence entre puissance installée et puissance productible, largement dépendante de l’hydrologie. Or l’hydrologie est fortement réduite à cause du réchauffement climatique. 

Il existe une distinction nette entre les problèmes écologiques découlant des grands ouvrages et des petits ouvrages. 

A propos des grands ouvrages : l’expérience nous apprend qu’il est important de revoir le fonctionnement des grands ouvrages existants pour en limiter les impacts. 

D’une part nous observons une tendance à multiplier les usages des ouvrages : électricité, eau potable, irrigation, soutien d’étiage, tourisme… des activités qui peuvent être concurrentes et  contradictoires. Cette tendance rend de ce fait la gestion des ouvrages compliquée. 

D’autre part, nous pouvons lister les problèmes liés aux grands ouvrages : 

  • rétentions sédimentaires pouvant causer des difficultés en aval, 
  • rupture de continuité et disparition des poissons migrateurs, 
  • défaut de conception ou manque d’entretien des systèmes de franchissement, dans les deux sens,
  • impact dévastateurs des éclusées sur les écosystèmes en aval,
  • débits réservés insuffisants au regard des besoins écologique (réchauffement de l’eau),
  • évaporation de l’eau très importante,
  • altération de l’auto-épuration de l’eau, augmentation de l’eutrophisation
  • catastrophes récurrentes lors de vidanges et/ou d’opérations de transparence (exemple du barrage de Poutès, ou du barrage de Pont-Baldy à Briançon).

A la différence des grands ouvrages, qui en stockant de l’eau stockent de l’énergie immédiatement disponible, les ouvrages « au fil de l’eau », de petites tailles, causent des dommages environnementaux qui dépassent leur intérêt énergétique. 

A propos de la petite et très petite hydro-électricité, nous pointons les problèmes suivants : 

  • trop d’atteinte à la continuité écologique, 
  • leur multiplication créé des réserves de débits là où ils sont requis, qui ne permettent pas une vie normale des milieux : réchauffement de l’eau, évaporation, réduction drastique des habitats,  établissement d’espèces ubiquistes…),
  • le cas de la montagne est particulièrement inquiétant, car c’est un milieux extrêmement fragile qui demande une préservation spécifique.

    Voilà pourquoi nous soutenons l’évitement de construction de nouveaux barrages, en optimisant l’existant. Dans le cas où de nouvelles constructions d’ouvrage seraient envisagées, de mesures fortes de compensation devront être imposées (effacement, arasement…). 

    Nous vous invitons à contribuer au débat, et vous pouvez trouver la contribution d’ANPER-TOS sur ce lien :

    https://concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr/publie-le-01122022-10h48

    Voilà le lien de la plateforme de la Concertation :

    https://concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr/

    Réaménagement du barrage de Descartes

    La mauvaise solution envisagée

    Crédit photo: Logrami

    L’ ANPER-TOS, la SEPANT et FNE Centre Val-de-Loire ont déposé fin 2021, un recours administratif afin d’obtenir l’annulation de l’arrêté du 10 juin2021 autorisant le rééquipement du barrage de DESCARTES – BUXEUIL sur la Creuse.
    Pour en savoir plus, veuillez lire le communiqué de presse en cliquant ci-dessous .

    Les apprentis sorciers et les moulins

    Les « apprentis sorciers » répondent à la Fédération Française des Associations de sauvegarde des Moulins (FFAM)

    La FFAM a récemment mis en ligne sur Youtube une vidéo à propos de « L’arrêt de la destruction des moulins à eau : vers une continuité écologique de conservation et de valorisation. Art. 49 loi climat 2021 ». Compte tenu des trop nombreux détournements d’idées qui y sont commis, et de ses 63 années d’expérience dans le domaine de l’eau saluées par une reconnaissance d’utilité publique, ANPER-TOS se devait de répondre aux points les plus outrageusement mensongers propagés dans ce discours largement relayé par le lobby de l’hydro-électricité

    Avant-propos :

    On notera tout d’abord que, comme toujours, la FFAM cherche à faire croire que les tenants de la continuité écologique (sédimentaire et piscicole) voudraient « détruire les moulins », alors qu’il ne s’agit que d’en aménager les seuils et même, dans la plupart des cas, faire seulement respecter les devoirs  »oubliés » qui sont liés aux droits d’eau des anciens moulins, bâtiments dont l’existence n’a jamais été et n’est menacée par personne. On jugera de l’honnêteté du procédé, les autres arguments avancés par la FFAM relevant du même genre de manipulation jouant sur l’émotion d’un public non averti. On relèvera ainsi les nombreux articles aux titres racoleurs et ronflants, où les faits et l’information scientifique sont décontextualisés et dénaturés de façon à remettre en cause l’objectif même de remise en « bon état écologique » de nos cours d’eau dont la continuité est un élément.

    On rappellera aussi qu’autrefois les moulins ne produisant ni toute la journée, ni tous le mois, ni toute l’année, ils ne constituaient qu’épisodiquement un obstacle, contrairement à une turbine qui tourne tout le temps et qui associée à l’ouvrage en rivière  »barre » donc le cours d’eau en permanence.

    On rappellera enfin que tout cet argumentaire de la FFAM n’est que prétexte, soit à ne pas avoir à respecter les devoirs de gestion, d’entretien ou de remise en état qui sont liés aux droits d’eau, soit à installer sans contrainte des productions hydroélectriques aussi faibles que subventionnées bien au-delà du coût réel de l’énergie, soit 120 euros/MWh contre un prix de vente moyen de 44 euros. Au contribuable de payer la différence (arrêté du 13 décembre 2016)

    Et c’est ainsi que, au nom de la défense du  »patrimoine », on supprime de belles roues de moulins pour les remplacer par des turbines, on bétonne et on rehausse illégalement les seuils anciens, nonobstant ceux sans utilité mais maintenus coûte que coûte.

    Bref, une histoire de petits intérêts privés déguisée en défense d’un patrimoine complètement détourné de son usage réel passé.

    Voici donc notre réponse à la FFAM

    Vichy : une réponse attendue mais pas définitive!

    Le 4 mai dernier, nous vous parlions du projet de microcentrale que la SHEMA, une filiale d’EDF, souhaite mettre en place sur la rive gauche du barrage de Vichy.
    A ce moment, nous participions à l’enquête publique en mettant en avant :

    • Que l’ouverture totale de l’ouvrage au milieu de la période migratoire est indispensable.
    • Qu’aucune autre solution énergétique de remplacement ne semble avoir été étudiée, ce qui semble contraire à la doctrine ERC (Éviter, Réduire, Compenser).
    • Qu’un renversement de valeurs inacceptable consistant à faire volontairement la confusion entre « renouvelable » et « durable ».
    • Que la tendance observée dans les pays abritant des stocks de salmonidés migrateurs, tant en Atlantique que dans le Pacifique, est de vouloir araser et supprimer les barrages.
    • Que le design du projet ne semble pas avoir fait l’objet d’études plus approfondies quant à d’autres possibilités d’aménagement des dispositifs de franchissement afin de garantir leur réelle optimisation.

    Image par Arek Socha de Pixabay

    Suite à cela, le 14 mai 2021 Madame la Commissaire Enquêtrice a rendu ses conclusions : un avis favorable MAIS une dernière phrase intéressante:
    « Si ces réserves ne pouvaient être levées, l’avis devrait être considéré comme défavorable. »

    Voir les conclusions de la commissaire enquêteur

    Le 16 juillet dernier, sans grande surprise, Monsieur le Préfet de l’Allier délivre un arrêté autorisant l’installation et l’exploitation d’une centrale hydroélectrique en rive gauche du pont-barrage de Vichy.

    Voir l’arrêté d’autorisation.

    Le combat n’est pas terminé, continuez de suivre cette affaire avec ANPER-TOS !