
Eau et Biodiversité aquatique
4 mars 2026
Saumon atlantique : après l’interdiction de la pêche, l’État va-t-il passer à la vitesse supérieure et prendre les mesures pour lutter contre la disparition de cette espèce emblématique menacée ?
Ces 5 dernières années, le saumon atlantique meurt en mer. L’OCSAN (Organisation de Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord) relève que le taux de retour s’est effondré de 90 % entre 1990 et aujourd’hui ! Pour la deuxième année, l’État lance une consultation du 14/02/2026 au 08/03/2026 portant sur le projet d’interdiction de la pêche du saumon, professionnelle ou de loisirs, en eau douce, en estuaires et en mer.
L’extinction du saumon est un signe des maux de notre société et des difficultés auxquelles nous devons faire face dès aujourd’hui.
« Quand le poisson meurt, l’Homme est menacé, cette expression était le slogan d’origine d’Eau et Rivières quand l’association s’appelait APPSB en 1969. Aujourd’hui elle est plus que jamais d’actualité. » rappelle Jean François Jeandet de l’association Eau et Rivières de Bretagne.
Les associations estiment l’interdiction de toute pêche nécessaire, mais elles ne sauraient se satisfaire de cette unique mesure qui ne peut prétendre répondre aux difficultés de l’espèce.
Pourtant l’État a engagé depuis quelques décennies des Plans d’actions en faveur du saumon. Ils sont, certes, consistants, en particulier sur la continuité écologique, mais restent insuffisants. Nos associations demandent donc de poursuivre le travail. Bien au-delà d’une simple interdiction de pêche, il faut restaurer activement la continuité écologique, abandonner les projets d’équipement hydro-électrique en cours, s’engager dans une restauration du grand cycle naturel de l’eau, lutter efficacement contre les phénomènes de pollutions chimiques, agricoles et domestiques et œuvrer à l’international pour protéger les zones de croissance océanique en vertu du traité sur la haute mer entré en vigueur cette année.
« Face à ce marasme il est primordial d’assurer une production maximale de juvéniles en eau douce afin de pallier aux sévères difficultés que l’espèce rencontre pour se maintenir efficacement. » Raphaël Amat de l’association Anper Tos.
« Aujourd’hui, les pêcheries Nord-Américaines, Australienne, Néo-zélandaises et Norvégiennes ont validé l’éloignement des filets des zones littorales pour libérer les couloirs migratoires, la France pourrait s’en inspirer. » Philippe Garcia de l’association Défense des Milieux Aquatiques.
Nos associations demandent donc à l’État de mettre en œuvre des réglementations adaptées dans le périmètre du territoire national (notamment face au problème des captures dans les eaux côtières) et de rechercher des accords de protection dans les eaux internationales.
