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Catégorie : Milieu aquatique

La Commission Européenne réclame des comptes

La Commission Européenne réclame des comptes à la France concernant l’État Écologique des cours d’eau

ANPER a déposé plainte le 12 avril 2025 devant la Commission européenne afin de dénoncer le « Faux Bon État » des masses d’eau du massif karstique jurassien, et par extension de nombreuses autres masses d’eau du territoire français. En effet, l’indicateur « poissons » n’est pas obligatoire dans l’évaluation de l’état écologique suivant l’arrêté du 25 janvier 2010, ce qui est clairement en contradiction avec les éléments de qualité biologiques énumérés au 1.1.1 de l’ANNEXE V de la Directive Cadre sur l’Eau (DCE), et avec la « conception du contrôle de surveillance » édictée au paragraphe 1.3.1 de cette même ANNEXE.

 D’autre part, lorsque l’indicateur « poissons » est renseigné, les méthodes d’évaluation utilisées (pêches par point et IPR) ne prennent absolument pas en compte « l’abondance » des espèces, ce qui est à nouveau contradictoire avec la Directive Cadre Eau (DCE).

On arrive ainsi à des situations totalement aberrantes sur certaines masses d’eau, comme par exemple les rivières de tête de bassin du massif karstique jurassien. A titre d’exemple une rivière comme le Cusancin est classée en « Bon État Écologique » dans sa partie basse vers Baumes-les-Dames (25), alors même que les densités piscicoles ont été divisées par 4 depuis 2010, et par plus de 8 par rapport à l’état de référence suivant les inventaires piscicoles réalisés chaque année par la Fédération de Pêche du Doubs…. L’indicateur « poissons » institué par la DCE est pourtant un pilier du diagnostic et du tableau de bord biologique, et il est encore plus pertinent en cas de pollutions multifactorielles. En effet, situés au sommet de l’édifice biologique, les poissons intègrent forcément toutes les perturbations.

Il semble que la Commission Européenne soit arrivée au même constat, puisqu’elle vient d’ouvrir une procédure d’infraction à l’encontre de la France « au motif que cette dernière n’a pas transposé correctement la Directive Cadre sur l’Eau (directive 2000/60/CE) ».

 Dans une lettre de mise en demeure, l’instance estime que la législation française « ne tient pas compte des populations piscicoles et de la continuité des cours d’eau lors de l’évaluation de la qualité de ces cours d’eau. Par conséquent, la législation française ne garantit pas que la qualité de ces cours d’eau est correctement évaluée. »La France dispose de deux mois pour y répondre et remédier aux manquements relevés par la Commission.

L’enjeu ici est énorme pour l’avenir de nos rivières et de toute la biodiversité associée, il s’agit d’imposer une obligation de résultat en réintégrant un indicateur « poissons » fiable dans l’évaluation de l’État écologique des cours d’eau, comme prévu par la DCE.

En d’autres termes, il faut “réparer le Thermomètre” pour poser le bon diagnostic, celui qui permettra de soigner le malade…Et il y a urgence !!!

SAUMON ATLANTIQUE

Mars 2026 Communiqué de presse

Eau et Biodiversité aquatique

4 mars 2026

Ces 5 dernières années, le saumon atlantique meurt en mer. L’OCSAN (Organisation de Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord) relève que le taux de retour s’est effondré de 90 % entre 1990 et aujourd’hui ! Pour la deuxième année, l’État lance une consultation du 14/02/2026 au 08/03/2026 portant sur le projet d’interdiction de la pêche du saumon, professionnelle ou de loisirs, en eau douce, en estuaires et en mer.

L’extinction du saumon est un signe des maux de notre société et des difficultés auxquelles nous devons faire face dès aujourd’hui.

Jean François Jeandet de l’association Eau et Rivières de Bretagne

Les associations estiment l’interdiction de toute pêche nécessaire, mais elles ne sauraient se satisfaire de cette unique mesure qui ne peut prétendre répondre aux difficultés de l’espèce.

Pourtant l’État a engagé depuis quelques décennies des Plans d’actions en faveur du saumon. Ils sont, certes, consistants, en particulier sur la continuité écologique, mais restent insuffisants. Nos associations demandent donc de poursuivre le travail. Bien au-delà d’une simple interdiction de pêche, il faut restaurer activement la continuité écologique, abandonner les projets d’équipement hydro-électrique en cours, s’engager dans une restauration du grand cycle naturel de l’eau, lutter efficacement contre les phénomènes de pollutions chimiques, agricoles et domestiques et œuvrer à l’international pour protéger les zones de croissance océanique en vertu du traité sur la haute mer entré en vigueur cette année.

Raphaël Amat de l’association Anper Tos.

Philippe Garcia de l’association Défense des Milieux Aquatiques.

Nos associations demandent donc à l’État de mettre en œuvre des réglementations adaptées dans le périmètre du territoire national (notamment face au problème des captures dans les eaux côtières) et de rechercher des accords de protection dans les eaux internationales.

Protection des Zones Humides

FNE

02 mars 2026

Protection des zones humides : le conseil d’État rappelle qu’il n’y a pas de régression possible

Un cadeau de départ empoissonné

Le 3 juillet 2024, à quelques jours de son départ, le gouvernement Attal a laissé derrière lui un cadeau empoisonné : un arrêté facilitant la destruction de zones humides.
« Réclamé de longue date par la FNSEA, cet arrêté modifiait le code de l’environnement en effaçant les conditions strictes d’implantation d’un plan d’eau sur les zones humides de moins d’un hectare » explique Noémie Morel, chargée de mission Eau et littoral à FNE Pays de la Loire. En d’autres termes, sous couvert de « simplification », l’arrêté facilitait la destruction de zones humides afin d’y construire des plans d’eau artificiels, notamment pour l’irrigation.

Une décision à l’encontre de la protection de l’environnement et au mépris de la mobilisation citoyenne

En continuité avec l’avis défavorable du Comité national de l’eau, la consultation publique avait mobilisé l’opinion contre cet arrêté : sur plus de 4000 contributions, 85% d’avis étaient défavorables.
Et pour cause : la protection des zones humides relève de l’intérêt général. En effet, ces zones sont des réservoirs de biodiversité et des alliées indispensables à la lutte contre le changement climatique. Véritables puits de carbone, elles sont l’habitat de nombreuses espèces. Elles jouent aussi un rôle d’éponges en permettant de stocker naturellement de l’eau lors des périodes d’abondance et de la restituer progressivement lorsque la ressource vient à manquer, fonctions essentielles pour lutter contre les évènements extrêmes.

communiqué de presse bandeau article

Un recours collectif chapeauté par France Nature Environnement

Dès août 2024, France Nature Environnement (FNE), Eau et Rivière de Bretagne, Sources et Rivières du Limousin et l’Association Nationale pour la Protection des Eaux ont déposé un recours devant le Conseil d’État.
La protection des zones humides étant un enjeu prioritaire les associations FNE Pays de la Loire, FNE Nouvelle-Aquitaine, Nature Environnement 17, FNE Occitanie-Pyrénées, Manche Nature, FNE65, Nature Comminges, Le Chabot, Nature En Occitanie, et Les Amis de la terre 32 sont venues en soutien déposer des interventions volontaires afin d’illustrer l’impact de la réglementation sur leurs territoires.

Une annulation fondée sur le principe de non-régression

Aujourd’hui, le Conseil d’État est venu donner raison à nos associations en annulant l’arrêté ministériel du 3 juillet 2024. Dans un arrêt explicite, la Haute juridiction a affirmé que “cet assouplissement de la réglementation, susceptible de concerner une grande partie des projets de plans d’eau implantés en tout ou partie en zone humide, conduit à réduire la protection de telles zones”. Puis, après avoir exposé le “rôle essentiel en matière environnementale” des zones humides, le Conseil d’État a annulé l’arrêté sur le fondement du principe de non-régression de la protection de l’environnement.

Pour Pia Savart, juriste à France Nature Environnement : « Prenant en compte l’importance des zones humides pour les écosystèmes, le Conseil d’État est venu rappeler que le droit de l’environnement ne peut faire l’objet que d’une amélioration constante et en aucun cas d’une régression. »
Et Marie Bomare, juriste à Nature Environnement 17, d’ajouter : « Il s’agit là d’une décision importante en ces temps de détricotage du droit de l’environnement. Nos associations espèrent que le signal sera entendu. »

Lire l’arrêt et le communiqué du Conseil d’État

Contacts presse

  • Pia SAVART, juriste à FNE, 06.62.78.76.61
  • Noémie MOREL, chargée de mission Eau FNE Pays de la Loire, 07.86.40.92.58