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Réforme de la PAC

Regroupés en cinq principales organisations, plus de 2500 naturalistes demandent une réforme de la PAC qui n’encourage plus l’intensification des pratiques agricoles.

Les populations d’insectes se sont effondrées de 76% entre 1989 et 2016., résument les cinq organisations scientifiques, dont l’Union européenne des ornithologues et la Fondation européenne des mammifères.

“Une augmentation des pesticides et des fréquences de fauche, l’expansion de l’irrigation et la destruction des pâturages “.

Ces organisations rappellent aux eurodéputés qu’entre 1980 et 2015 l’agriculture intensive a entraîné la diminution de 55% des oiseaux européens en milieu agricole, et 76% des insectes entre 1989 et 2016. Dans leur résumé, ces organisations déclarent que « La PAC ( Politique Agricole Commune) a conduit à une intensification des pratiques agricoles, une homogénéisation des paysages, une augmentation des pesticides et des fréquences de fauche, l’expansion de l’irrigation et la destruction des pâturages ».

Crédit photo JPJ Février 2019

Verdissement, ou « green washing » ?

“Des aides financières spécifiques pour la biodiversité dans les exploitations peuvent faire du pâturage extensif une option viable et compétitive pour les agriculteurs

Ils rappellent dans leur lettre ouverte adressée ce 5 novembre aux eurodéputés que le pseudo-verdissement engagé depuis 2014 n’a pas eu d’effets notables pour enrayer ce déclin, en particulier parce que les représentants du secteur de l’agro-business ont monopolisé les négociations. Au final, les mesures agro-environnementales du ‘’premier pilier’’ ont eu peu de résultats en matière de conservation de la biodiversité.

La cour des comptes européenne a déjà relevé en 2018 dans son analyse des perspectives de la PAC post-2020 que le texte proposé actuellement « n’envisage pas une véritable réforme de la PAC et risque même de réduire ses ambitions ».  Les associations proposent des « mesures ciblées au profit des petites exploitations pratiquant une agriculture responsable pour maintenir des terres à haute valeur écologique ». « Des aides financières spécifiques pour la biodiversité dans les exploitations peuvent faire du pâturage extensif une option viable et compétitive pour les agriculteurs ». voir le communiqué de presse de la confédération Paysanne

Selon Harriet Bradley, de BirdLife Europe, « Les preuves scientifiques parlent d’elles-mêmes. L’agriculture intensive tue la nature. Si la PAC n’est pas fondamentalement réformée en faveur de la nature, les promesses d’une Green Deal européen pour la biodiversité et le climat resteront lettre morte ».

 De son côté France-stratégie demande que soient revues les aides directes en les attribuant selon le nombre d’emplois des exploitations et non selon le nombre d’hectares.

Braconnage de saumon de Loire

ANPER obtient la condamnation d’un pêcheur

Lors de l’audience réservée aux affaires de braconnage du 17 septembre dernier au tribunal correctionnel de Nantes, ANPER a obtenu la condamnation d’un pêcheur professionnel.
L’homme avait été surpris en flagrant délit par les agents de l’AFB en décembre 2018 avec un saumon dans son bateau,  dans l’estuaire de la Loire (Ouest France, édition du 21 décembre 2018).

La Loire
La Loire
Saumon de la Loire á Vichy
Saumon de la Loire à Vichy

ANPER et une autre association,  elle aussi partie civile obtiennent donc des dommages et intérêts. Nous regrettons toutefois la légèreté des sanctions pénales, puisque le tribunal n’a pas complètement suivi le parquet et est resté relativement conciliant (800 euros d’amende).

En revanche, il a été condamné à verser à chacune des associations :

  • 1000€ au titre du préjudice écologique
  • 100 € au titre du préjudice moral
  • 700€ au titre de l’article 475-1 du code de procédure civile

D’autres affaires sont en cours sur des actes de braconnages, de pollutions et autres.

Canicules et sécheresses estivales

Une évolution climatique en cours ? Incidences sur la répartition des populations piscicoles, le cas de la Loue.
Jean-Pierre HEROLD

Usine electrique Chatillon Rurey
Usine hydroélectrique de Chatillon -Rurey   le 18-09-19

La série est déjà longue : 2019 après 2018 et 2017, 2011, 2003 !
Voici une répétition de phénomènes météorologiques qui traduisent, d’après les climatologues (Bichet et coll. 2015) une augmentation dans le long terme des températures moyennes régionales. Celles-ci ont des conséquences mesurables sur les débits moyens mensuels des rivières de Bourgogne Franche-Comté qui sont consultables en ligne sur le site Hydroreel le serveur de données hydrométriques en temps réel et en archives depuis les années 50 exemple : Pour la Loue à Chenecey-Buillon

En 2018, de la mi-juin jusqu’à la fin octobre, les rares précipitations orageuses ont représenté souvent moins du dixième du volume moyen des pluies selon les secteurs concernés dans notre département. En 2019, dès le 5 juillet l’alerte sécheresse a été déclenchée par la Préfecture du Doubs. Fin août les restrictions d’usage de l’eau étaient encore en cours.

Durant la même période, les températures aussi bien diurnes que nocturnes ont atteint des records sur des durées importantes, et en 2019 des valeurs supérieures à 35 °C ont été quotidiennes pendant plus d’une semaine au mois de juin, une situation tout à fait inédite. Des températures élevées ont été enregistrées jusqu’à la fin du mois d’août.

“plus de vingt communes ont dû faire appel à des transporteurs pour alimenter leurs châteaux d’eau à sec”

Les effets de ces amplitudes thermiques sur le régime des cours d’eau ont été plus marqués encore que ceux de l’année de la canicule historique 2003. Ils entraînent des contraintes nouvelles sur le cours de toutes les rivières de l’arc jurassien et des zones karstiques de la région. Ainsi, l’exemple très remarqué de l’asséchement total du Doubs à l’aval de Pontarlier entre juillet et octobre 2018  a été très commenté par les média et les populations locales, dont certaines ont subi des déficits hydriques perturbateurs : plus de vingt communes ont dû faire appel à des transporteurs pour alimenter leurs châteaux d’eau à sec pendant plusieurs semaines. La situation s’est reproduite début juillet 2019.

Dans le cas de la Loue, présenté ici, les effets combinés des canicules et des sécheresses montrent un impact sur l’évolution et la répartition des populations piscicoles de cette rivière qui a été longtemps considérée come un fleuron des cours d’eau français à salmonidés, truites et ombres, et donc fréquentée et admirée par les pêcheurs sportifs de tous horizons.

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