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La Méthanisation : nouvelle énergie verte à la mode et pourtant

La méthanisation consiste à fabriquer du gaz, plus précisément du méthane (CH4), à partir de matière organique biodégradable.

Méthaniseur de Montaut Ariège

La méthanisation est utilisée par les agriculteurs, qui utilisent directement les déjections de leurs troupeaux comme matière organique ; mais aussi par des stations d’épuration qui utilisent leurs boues, ou encore par des industriels qui créent des méthaniseurs un peu partout sur le territoire français et font pousser des champs entiers par exemple de maïs pour alimenter leurs méthaniseurs.

L’intention initiale, réduire les émissions de CO2 et utiliser des « énergies vertes » est très louables mais encore une fois cette nouveauté a été vite vue comme une opportunité de faire de l’argent.

Ainsi, les méthaniseurs pullulent sur le territoire français. D’après GRDF, au 30 septembre 2020 il y avait 1023 unités de méthanisation en cogénération, ou injection en France.

Source: Projet-methanisation.grdf.fr

En France continentale, 1007 projets de construction de méthaniseurs sont en attente

Source: Statinfo-biométhane (developpement-durable.gouv.fr)

GRDF compte en fait installer 10 000 méthaniseurs en France à l’horizon 2030.
Face à cela, Daniel Chataigner membre du CSNM (Collectif Scientifique National pour une Méthanisation Raisonnée) et physicien à Caen, répond que:
Avec la surface agricole utile de la France, cela fait un méthaniseur tous les 5 km, alors qu’aujourd’hui la moyenne d’approvisionnement en ‘intrant’ est de 30 km
Source : https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/alertepollution-les-methaniseurs-qui-fabriquent-du-biogaz-avec-des-dechets-sont-ils-vraiment-ecologiques_3722153.html

Une partie des sols qui étaient jusqu’ici utilisés pour cultiver de la nourriture, devront en plus être utilisés pour cultiver des plantes afin d’alimenter les méthaniseurs …

Ce qui s’appelle  CIVE  (Culture  Intermédiaire à Valeur Énergétique).

 Verdir l’énergie oui, mais à quel prix ??

  • Augmentation de la consommation d’eau et d’intrants.

En plus d’être utilisés, semble-t-il, en excès, les méthaniseurs ont de sérieuses répercussions sur l’environnement. ( Méthaniseurs en service et en projet en France)

Depuis 2016, le nombre d’accidents provoquant des pollutions augmente (voir schéma ci-dessous). Cuve de méthaniseur qui cède, problème dans l’évacuation ou dans le transport du digestat … Lorsque ces accidents se produisent près d’un cours d’eau, ce dernier est souvent impacté. La matière organique en trop grande quantité va totalement obstruer la rivière et provoquer la mort des poissons et macro-invertébrés qui y vivent.

Un exemple récent sur la rivière de la Mesnière dans l’Orne :https://actu.fr/normandie/la-mesniere_61277/2-000-m3-de-lisier-s-ecoulent-dans-un-ruisseau-a-la-mesniere-dans-le-perche_40680215.html

La police de l’environnement déjà débordée par les contrôles ICPE ne pourra sûrement pas assurer les contrôles normalement obligatoires pour les méthaniseurs. Les défauts de construction ou d’utilisation causant les dégâts que l’on connaît ne seront pas détectés ou le seront trop tard.

La méthanisation semble devenir un nouveau produit de notre société de consommation qui au lieu de réduire sa consommation énergétique essaye désespéramment « d’arranger » sa consommation.

Adoption des statuts et retour sur l’Assemblée Générale

Le ministère de l’intérieur nous a notifié le 10 juin de la parution de l’arrêté ministériel approuvant les nouveaux statuts d’ANPER-TOS que vous pourrez consulter sur notre site..

Les principales modifications visaient le titre de l’association qui retrouve  son suffixe « Truite, Ombre, Saumon », porteur des valeurs des pionniers de 1958 ainsi que la possibilité d’organiser en tout temps des consultations, réunions et assemblées dématérialisées.
Ce dernier point est crucial pour la vie de l’association dont les membres sont éparpillés sur le territoire et qu’il est donc difficile de réunir.
“Nous remercions ici tous les adhérents qui ont pris la peine de répondre à nos sollicitations pour rendre ceci possible

Notre assemblée générale portant sur l’exercice 2020 s’est déroulée du 31 mai au 20 juin par voie électronique, ce qui était permis par l’ordonnance 2020-0321 du 25 mars 2020, prorogée par décret 2021-0255 du 09 mars 2021.

Le vote organisé entre le 07 et le 20 juin a permis de valider l’ensemble des documents présentés :

  • Bilan moral;
  • Rapport d’activité ;
  • Bilan financier ;
  • Règlement intérieur

Nous remercions chaleureusement les participants.

La visioconférence de l’après-midi du 24 juin a permis des échanges fructueux avec des membres de Franche Comté notamment sur le volet agricole.

Collectif Blavet

A l’initiative de plusieurs associations bretonnes de défense de l’environnement et de pêche, un collectif a vu le jour afin de proposer une alternative viable et durable pour le Blavet.
En effet cette voie d’eau a été canalisée au XIX siècle ce qui a porté préjudice à sa biodiversité, dégâts qui ont été ensuite amplifiés au XX siècle avec la mise en place du barrage de Guerlédan et les « aménagements » agricoles des vallées connexes.

Aujourd’hui le Blavet souffre de cette anthropisation et son statut de canal n’est plus justifié puisqu’il a été déclassé, d’ailleurs seulement 140 embarcations ont été comptabilisées lors de la saison touristique 2020 à Pontivy. Enfin, de par ses nombreuses écluses, le Blavet fait l’objet de prétentions sournoises d’équipements micro-hydro-électriques alors que sept micro centrales sont déjà dénombrée sur son bassin, notamment sur ses affluents l’Evel et l’Aven qui sont actuellement ses principale zones de frayères des salmonidés migrateurs. Aussi le groupe de travail mené localement vise à rétablir le fonctionnement naturel de la rivière en rouvrant la continuité.

Les gains attendus en matière de biodiversité sont considérables puisque les faciès lentiques seraient largement remplacés par une eau vive et fraîche aux capacités d’autoépuration et d’oxygénation améliorée, et les migrateurs pourront bénéficier de meilleures conditions de vie. Le tourisme pourrait également y gagner, le chemin de halage longera une rivière vivante, le cours d’eau pourra accueillir des canoës et bien sûr des retombées en matière de tourisme pêche peuvent être attendues.

ANPER-TOS a été invitée à participer à ce collectif et plusieurs réunions se sont déjà tenues cette année. Nous ne cachons pas que nous souhaiterions que l’Aulne fasse l’objet de la même réflexion.