GRAND CORMORAN, le CONSEIL D’ÉTAT donne RAISON à ANPER TOS, la FDAAPPMA de l’Ain et les 9 AAPPMA du Doubs.
ANPER TOS s’était portée en intervention volontaire pour soutenir la requête de ses partenaires en Conseil d’État afin d’obtenir une reprise de la protection des espèces sensibles contre la prédation par le grand cormoran.
Nous avons parfaitement conscience que cette prédation n’est pas la cause première de l’effondrement des populations de salmonidés mais face aux problèmes subis par les cours d’eaux et mettant en causes les pollutions diverses, les aménagements outranciers, les prélèvements en eau excessifs et le réchauffement climatique, la prédation du grand cormoran est en passe de devenir le clou dans le cercueil pour des espèces fragiles, portées sur la liste rouge de l’Union Internationale de Conservation de la Nature alors que le cormoran prolifère. En se basant sur des études scientifiques sérieuses, que la défense n’a pu contredire, les requérantes ont pu convaincre les juges qui ont donc donné suite en enjoignant les ministres de l’Agriculture et de l’Environnement de fixer des plafonds départementaux de quotas de destruction du grand cormoran.
On notera que les juges ont précisément apporté une attention particulière au statut vulnérable du brochet et de l’ombre commun et à celui quasi menacé du saumon atlantique.
Bien entendu ce n’est qu’une partie de la solution et notre objectif reste seulement d’éloigner les oiseaux des cours d’eau où ils n’ont rien à faire, où ils étaient inconnus il y a encore 2 décennies.
Pour prendre connaissance du jugement du Conseil d’état du 08 juillet 2024.
Piloté et créé par l’Association Nationale pour la Protection des Eaux et des Rivières ( reconnue d’utilité publique), ce centre comporte deux entités :
– Un centre de ressources documentaires et bibliographiques sur la pollution plastique alimenté entre autres par les relevés effectués par ANPER depuis 2020.
– Un atelier/laboratoire implanté dans un local communal permettant, à la fois, d’assurer la construction et la maintenance des bacs à rives et de mener des études sur la pollution plastique.
Le CNES2P est soutenu par plusieurs structures : des collectivités locales, des associations et des collectifs, des entreprises privées, des particuliers ( adhérents, donateurs, bénévoles,), des universités et des écoles.
Ce soutien peut être financier mais il peut également être matériel ( don de matériel de laboratoire, d’équipements, d’outillages,). Il peut également s’agir de mise à disposition de personnels, d’étudiants pour réaliser des études scientifiques sur la pollution plastique.
Plusieurs études sont déjà en cours et vont être renforcées et complétées en 2024 grâce au lancement du CNES2P :
– Relevés mensuels des déchets dans les bacs à rives le long des cours d’eau en France ( près de 2500 relevés effectués en 4 ans, près de 300 bacs à rives implantés en Normandie, Charente, Pyrénées, Grand Est,…)
– Mesure des différents types de plastiques récoltés.
– Suivi des mesures de microplastiques dans les cours d’eau.
– Suivi des mesures de plastiques dans les sédiments – recyclabilité des plastiques collectés et fabrication d’objets.
Parallèlement, des actions de sensibilisation des scolaires et du grand public sont menées dans les établissements scolaires, les festivals, les journées de sensibilisation et nous intervenons partout en France grâce aux différentes machines à recycler que nous avons acquises. Plus de 1000 jeunes sont sensibilisés par an.
Tous les déchets récupérés sont entièrement recyclés dans des filières de recyclage agréées et avec la certitude qu’ils ne seront pas enfouis, ni incinérés. Ces déchets sont achetés par les organismes de recyclage et l’argent récupéré est reversé à des associations locales ou nationales :
– Les gourdes de compote sont achetés par TERRACYCLE et l’argent revient aux scolaires qui participent à la récolte.
– Les cartouches d’encre sont achetés par ECOCARTOUCHE et l’argent est reversé au conseil municipal des jeunes de Sainte-Suzanne-sur-Vire.
– Le métal est repris par l’association K’NET PARTAGE qui reverse l’argent aux familles des enfants hospitalisés.
– Les stylos usagés sont repris par l’association NEUROFIBROMATOSES 50 qui reverse l’argent à la recherche médicale contre cette maladie orpheline.
– Le plastique est transformé sur place en objets de la vie courante revendus au profit d’ANPER TOS pour aider à l’entretien des machines à recycler.
– Le papier est acheté par l’entreprise ENCORE qui reverse l’argent à la coopérative scolaire du RPI de Baudre/Sainte-Suzanne-sur-Vire.
Le CNES2P accueille de nombreux stagiaires, apprentis, jeunes en Service National Universel, bénévoles, Service Civique, personnes en reconversion,… Il a vocation à former des jeunes à l’engagement associatif et à la protection de l’environnement.
Les travaux d’aménagement du CNES2P seront financés par des aides publiques ( appels à projets, subventions) et par des partenaires privés ( dons matériels et financiers, mécénat,).
La Vire sera mise à l’honneur en 2024 puisque nous profiterons de la proximité immédiate de ce fleuve pour y développer intensément nos actions ( bacs à rives, prélèvements, analyses, mesures,…) et nos déplacements se feront uniquement à vélo via le chemin de halage.
Toute personne qui souhaite participer à cette campagne peut également nous contacter.
La vélofrancette ( itinéraire à vélo longeant les fleuves entre Caen et la Rochelle sur plus de 600km) va voir son parcours jalonné de bacs à rives spécifiques.
Le CNES2P va également lancer le déploiement des bacs à rives sur l’ensemble du territoire métropolitain en déclinant ces bacs selon les spécificités locales : bacs à crues en montagne, bacs à bateaux sur les fleuves navigables,…
Une biodiversité en péril dans les rivières karstiques
M. Hivet et JP. Hérold
Les mortalités récurrentes de poissons , spécialement des salmonidés, observées dans les rivières de Franche-Comté depuis des années ont alerté les media. Articles et photos ont fait les grands titres de la presse. Aussi spectaculaires soient-elles, elles ne sont que la conséquence la plus visible d’une grave détérioration du milieu aquatique dont le premier signe a été l’appauvrissement de l’entomofaune aquatique.
Cette perte se manifeste par la disparition de certaines espèces (perte de diversité) et par un effondrement des populations d’insectes restants (perte d’abondance).
Cette évolution est dénoncée depuis longtemps : publications scientifiques, articles dans la revue nationale de l’ Association de protection des eaux et des rivières ANPER-TOS, informations sur les sites pilotés par l’Agence de l’eau et ses relais, l’EPAGE établissement public d’aménagement et de gestion des eaux, CLE commission locale de l’eau , et aux services de l’État , DREAL, DDT, DDAS, et aussi de la Région BFC, et des départements de l’arc jurassien.
Pourtant la préfecture du Doubs, après avoir été amenée à interdire la baignade et la consommation des poissons de la Loue en raison de la prolifération des cyanobactéries et des mortalités de poissons, osait encore écrire « la Loue reste une rivière de qualité » en s’appuyant sur des valeurs d’IBGN, l’Indice Biologique Global Normalisé qui permet de caractériser l’état écologique d’une rivière en se basant sur l’entomofaune présente . C’est une méthode standardisée utilisée en hydrobiologie qui apporte des informations de bioévaluation environnementale. Cependant cet indice ne rend pas compte, ou fort imparfaitement, de la dégradation du milieu aquatique.
On essaie de faire dire à l’IBGN ce qu’il ne peut pas dire , et il sert alors d’alibi à ceux qui veulent nier, grâce à lui, une réalité patente.
Sans faire une critique complète de cet indice, on peut remarquer une dérive des référentiels et une certaine légèreté dans le choix de la famille comme taxon servant à définir les Groupes Faunistiques Indicateurs (GFI). Leur polluosensibilté est très variable à l’intérieur d’une famille et même d’un genre. Seule l’espèce pourrait être signifiante.
En outre l’abondance d’un taxon n’intervient que fort peu dans sa validation comme GFI. Pour des espèces comme celles citées ici, autrefois extrêmement abondantes, ce n’est qu’au voisinage immédiat de l’extinction que leur déclin pourrait être pris en compte par l’IBGN.
Enfin la quantité d’insectes produits sur une portion de rivière est directement fonction de la surface susceptible d’être colonisée par ceux-ci. Le recouvrement de la majeure partie du lit de la rivière par des algues qui n’y proliféraient pas il y a 30 ans suffirait à expliquer la baisse des effectifs d’insectes vivant sur les pierres et les sédiments du fond ou sur les bryophytes (mousses fontinalis ) aussi affectées par la prolifération algale. Mais d’autres facteurs sont à prendre en compte.
Il ne suffit pas de dire que les taux de nitrates et phosphates respectent des normes quand on constate que le milieu naturel ne les supporte pas. Il faut avoir le courage de les remettre en cause et rechercher tous les moyens de les réduire.